À 40 années-lumière d'iciCes deux planètes semblables à la Terre sont-elles habitables ?
ATS
15.4.2026 - 17:40
Le système planétaire TRAPPIST-1 a été découvert il y a dix ans. Depuis, les astronomes s'intéressent aux sept planètes qui orbitent autour de cette étoile de type naine rouge, située à environ 40 années-lumière de la Terre. Une équipe internationale incluant l'UNIGE et l'UNIBE a porté son attention sur les deux planètes les plus proches de l'étoile.
Cette illustration fournie par l'Agence spatiale européenne montre à quoi pourrait ressembler l'exoplanète TRAPPIST-1 b.
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15.04.2026, 17:40
ATS
Ces deux exoplanètes rocheuses ont à peu près la même masse que la Terre. Mais la comparaison semble s'arrêter là. Les observations concluent que TRAPPIST-1b et TRAPPIST-1c sont dépourvues d'atmosphère et que les conditions climatiques qui règnent à leur surface rendent toute vie illusoire.
Les deux planètes tournent autour d'une naine rouge. Ces étoiles, plus froides et plus petites que le Soleil, sont très fréquentes dans la Galaxie. Toutefois, l'habitabilité des planètes qui orbitent autour d'une naine rouge «ne coule pas forcément de source», souligne l'Université de Genève (UNIGE), mercredi.
En effet, les naines rouges sont très actives et bombardent leurs planètes d'intenses rayonnements ultra-violets et de flux de particules énergétiques.
D'autre part, les planètes dans la zone habitable d'une naine rouge orbitent très près de celle-ci. Les forces de marées qui entrent alors en jeu font que ces planètes se synchronisent avec leur étoile. Elles font un tour sur elles-mêmes en même temps qu'elles font une rotation autour de leur étoile, comme la Lune avec la Terre.
Le résultat est que l'un des côtés de la planète est toujours exposé à la lumière de l'étoile, alors que l'autre face est plongée dans une nuit permanente.
«La présence d'une atmosphère autour de ces planètes verrouillées par les marées pourrait autoriser un transfert d'énergie entre le côté jour et le côté nuit en permettant des températures plus modérées sur l'ensemble de la planète, ce qui a un impact important sur leur potentielle habitabilité», indique le professeur Brice-Oliver Demory, de l'Université de Berne (UNIBE).
Deux faces opposées
Les astronomes, grâce aux observations réalisées à l'aide du télescope spatial James Webb,ont déterminé les températures qui règnent à la surface des deux exoplanètes les plus proches de l'étoile naine du système TRAPPIST-1.
Côté jour, il fait plus de 200 degrés à la surface de TRAPPIST-1b et près de 100 degrés sur TRAPPIST-1c. Côté nuit, un froid glacial règne avec des températures inférieures à moins 200 degrés. Cet énorme contraste plaide pour une absence de redistribution d'énergie sur les planètes et donc pour une absence d'atmosphère, note l'UNIGE.
Les astronomes comptent maintenant observer en détail les planètes plus éloignées du système TRAPPIST-1, qui se trouvent dans la zone habitable, à savoir, à une distance de leur étoile qui permettrait la présence d'eau liquide à leur surface. Le télescope James Webb est braqué, d'ailleurs, en ce moment sur la planète «e» du système.
Les modèles théoriques montrent que des planètes plus externes d'un système de type TRAPPIST-1 peuvent posséder une atmosphère. «Un peu comme Mercure, la planète la plus proche du Soleil, qui ne possède pas d'atmosphère, alors que Vénus et la Terre ont conservé la leur», souligne l'UNIGE dans un communiqué.
Les résultats des observations réalisées par cette équipe internationale d'astronomes font l'objet d'une publication dans la revue spécialisée «Nature Astronomy».