EPFL: nouvelle piste pour une immunothérapie plus efficace

uc, ats

7.12.2021 - 15:52

Des scientifiques de l’EPFL ont découvert qu’en rigidifiant la paroi des cellules cancéreuses, l’efficacité de l’immunothérapie se trouve améliorée. Des tests sur des souris ont montré que les chances de guérison avoisinent les 50%.

Des scientifiques de l’EPFL ont découvert qu’en rigidifiant la paroi des cellules cancéreuses, l’efficacité de l’immunothérapie se trouve améliorée.
Keystone

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7.12.2021 - 15:52

Seuls 20% des patients sont réceptifs à l’immunothérapie contre le cancer, dont le principe est de donner plus de puissance aux cellules immunitaires, appelées cellules T. Les scientifiques cherchent par tous les moyens à développer de nouveaux traitements qui puissent être combinés à l’immunothérapie afin de soigner davantage de patients.

L'équipe de Li Tang, directeur du laboratoire de biomatériaux pour l’immuno-ingénierie à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), présente dans la revue Nature Biomedical Engineering une nouvelle approche basée sur la mécanique.

Un camouflage imparable

Kewen Lei et Armand Kurum, deux doctorants du laboratoire de Li Tang, ont remarqué que la paroi des cellules cancéreuses se révèle plus molle que celle de cellules saines. «Personne ne possède d’explication à ce phénomène. Certains scientifiques supposent que cela favorise la création de métastases, mais aucun test n’a encore pu le prouver», indique Kewen Lei, cité mardi dans un communiqué de l'EPFL.

Une chose est certaine, cette souplesse s’avère un mécanisme de défense pour les cellules cancéreuses. Quand une cellule T s’accroche à la cellule cancéreuse afin de la détruire, sa mollesse induit en erreur la première, qui passe son chemin sans pouvoir accomplir sa mission.

«Il s’agit d’une technique de camouflage vraiment rusée. Quand les cellules T attaquent une cellule cancéreuse, elles poussent et tirent sur la membrane. Si cette dernière est molle, il y a moins de résistance et cela devient plus difficile de la briser», ajoute Armand Kurum.

Médicament anti-cholestérol

Les chercheurs ont identifié le responsable de cette mollesse: le cholestérol, présent dans l’enveloppe des cellules cancéreuses. Ils ont alors mis au point un moyen de les rendre plus rigides et plus facilement reconnaissables par les cellules T en ayant recours à un médicament contre le cholestérol d'usage courant.

Les scientifiques ont ensuite testé leur nouveau cocktail sur des souris. «En prodiguant seulement l’immunothérapie, à terme aucun animal ne survit au cancer. Si l’on donne uniquement le remède contre le cholestérol, nous obtenons le même résultat. Cependant, en combinant les deux composants, 50% des souris guérissent du cancer», relève Li Tang.

Un chiffre jugé «très prometteur». La prochaine étape consistera à concilier cette technologie avec d’autres innovations pour booster les cellules T, conclut l'EPFL.

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