FAQ La saison des orages est ouverte

ATS

8.6.2025 - 11:10

Avec les premières journées chaudes, les orages sont également de retour en Suisse. Pourquoi éclatent-ils en été? Et quel est le risque d'être frappé par la foudre? Quelques éléments de réponse:

Selon les statistiques du WSL, c'est le canton de Berne qui a enregistré le plus grand nombre de décès dus à la foudre (21), suivi de celui du Valais (17) (Image symbolique).
Selon les statistiques du WSL, c'est le canton de Berne qui a enregistré le plus grand nombre de décès dus à la foudre (21), suivi de celui du Valais (17) (Image symbolique).
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Comment naissent les éclairs et le tonnerre?

Dans un nuage d'orage, il y a de forts vents ascendants et descendants qui font que des gouttes d'eau et des cristaux de glace entrent en collision. Les charges électriques sont alors séparées: les charges positives s'accumulent généralement dans les parties supérieures de la nuée, tandis que les charges négatives se regroupent dans les parties inférieures. Lorsque la différence de tension entre les charges devient suffisamment importante, une décharge soudaine se produit sous forme d'éclair. Celui-ci peut se produire à l'intérieur du nuage, entre les nuages ou entre le nuage et le sol.

L'éclair chauffe brusquement l'air qui l'entoure à des températures pouvant atteindre 30'000 degrés Celsius. Cette chaleur extrême entraîne une dilatation rapide de l'air, ce qui crée une onde de choc. Cette dernière se propage sous forme d'onde sonore, le tonnerre.

Quand se forment les nuages d'orage?

Pour qu'un nuage d'orage, ou un cumulonimbus comme on l'appelle dans le jargon, puisse se former, il faut en principe trois ingrédients: une humidité suffisante, une stratification instable de l'air et un mécanisme de soulèvement.

Mais comment un orage se forme-t-il exactement à partir de ces «ingrédients»?

Les cumulonimbus peuvent se former lorsque de l'air chaud et humide s'élève rapidement vers le haut. Cela se produit souvent en été, lorsque le soleil réchauffe fortement le sol et donc l'air au-dessus du sol. Cet air réchauffé monte. En s'élevant, il se refroidit. Comme l'air froid peut absorber moins de vapeur d'eau que l'air chaud, celle-ci se retrouve en excès. Elle se condense pour former un nuage.

L'instabilité de la stratification de l'air est un facteur déterminant pour la formation de nuages d'orage. Lorsque de l'air très chaud et humide est recouvert d'air plus froid dans les couches inférieures, cet effet est particulièrement intense. En été, le fort rayonnement solaire donne naissance à ce que l'on appelle des «bulles thermiques», qui se détachent du sol, s'élèvent en altitude et se condensent en un nuage. Si le développement vertical est suffisamment important, un orage peut se former. Une autre situation qui conduit à la formation de cumulonimbus est l'afflux d'air plus froid. Par exemple, lorsqu'un front froid passe et que l'air chaud est repoussé et soulevé.

Lorsque les nuages s'élèvent suffisamment haut, des cristaux de glace se forment dans les couches supérieures froides; les conditions pour la formation d'éclairs et de tonnerre sont alors réunies. Pour pouvoir s'élever suffisamment haut, les nuages ont besoin d'une sorte de mécanisme d'élévation qui leur apporte l'énergie supplémentaire nécessaire pour franchir les couches de barrage dans l'air. En Suisse, ce sont généralement les vents de pente et les vents de vallée dans les montagnes qui assurent cette fonction.

Pourquoi les prévisions météorologiques sont-elles souvent fausses en cas d'orage?

Les jours d'orage, les ingrédients et processus décrits sont plus ou moins marqués selon le lieu et le moment de la journée. Ils s'influencent mutuellement, indique l'Office fédéral de météorologie (MétéoSuisse) sur son site internet.

Selon lui, pondérer correctement ces facteurs et établir ainsi une prévision précise de l'évolution des orages relève du défi. Souvent, seules des affirmations vagues à l'échelle régionale et à court terme, de quelques heures à quelques jours, sont possibles.

Quel est le risque d'être frappé par la foudre?

Il n'existe pas de chiffres précis pour la Suisse, mais aux Etats-Unis, la probabilité est inférieure à un sur un million, selon le service météorologique national.

D'après une analyse de l'Institut de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), la foudre a fait 164 victimes dans toute la Suisse au cours des 70 années entre 1946 et 2015. Cela correspond à 2,3 décès par an dus à ce phénomène. La probabilité de mourir foudroyé a toutefois fortement diminué au cours de la période étudiée. Dans la première moitié de cette dernière, quatre fois plus de décès dus à la foudre ont été enregistrés que dans la seconde moitié.

Ces dernières années, une poignée de personnes ont été frappées par la foudre en Suisse. La plupart ont survécu.

Où le danger est-il le plus grand en Suisse?

Selon les statistiques du WSL, c'est le canton de Berne qui a enregistré le plus grand nombre de décès dus à la foudre (21), suivi de celui du Valais (17).

Mais de manière générale, le plus grand danger devrait se situer dans le canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures: c'est celui où la plus forte densité de foudroiement a été enregistrée en 2024, selon une statistique récemment publiée par le Service d'information sur la foudre (Blids). Dans ce canton, deux impacts de foudre par kilomètre carré et par an ont été enregistrés.

Peut-on vraiment compter la distance d'un orage?

Oui, cela fonctionne vraiment, du moins approximativement. L'éclair et le tonnerre se produisent simultanément dans les nuages d'orage, mais la lumière de l'éclair se propage beaucoup plus rapidement que le son du tonnerre. Si l'on compte les secondes entre l'éclair et le tonnerre et que l'on divise ce nombre par trois, on obtient approximativement la distance de l'orage en kilomètres.