Le segment russe de l'ISS se trouve dans un état inquiétant

ATS

31.8.2021 - 12:21

L'état d'obsolescence du segment russe de la Station spatiale internationale suscite l'inquiétude. Nombre de ses équipements sont en fin de vie, a expliqué mardi un haut responsable de l'ingénierie spatiale russe.

ATS

31.8.2021 - 12:21

ne image fixe tirée d'un document vidéo mis à disposition par la Russian State Space Corporation ROSCOSMOS montre le module de laboratoire polyvalent Nauka s'amarrant à la Station spatiale internationale (ISS), 29 juillet 2021.
Une image fixe tirée d'un document vidéo mis à disposition par la Russian State Space Corporation ROSCOSMOS montre le module de laboratoire polyvalent Nauka s'amarrant à la Station spatiale internationale (ISS), 29 juillet 2021.
KEYSTONE

«L'état actuel du segment russe de l'ISS a de quoi soulever des inquiétudes», a dit à l'agence de presse publique Ria Novosti Vladimir Soloviev, directeur du vol du segment et ingénieur en chef de RKK Energuia, la société chargée de la maintenance de la partie russe de la station.

Selon lui, «environ 80% des systèmes de vols sont à la fin de leur durée de service, ce qui veut dire qu'une fois que tous les systèmes auront épuisé leur durée de service, dès le lendemain des pannes irréparables pourront intervenir».

Ces derniers mois, pointant notamment l'obsolescence de l'infrastructure, la Russie a indiqué à plusieurs reprises songer à quitter ses partenaires de l'ISS (Etats-Unis, Canada, Japon, Agence spatiale européenne) après 2025 pour lancer sa propre station orbitale. Plusieurs avaries ont laissé craindre que des problèmes structurels puissent à terme menacer l'ensemble du segment et la sécurité des équipages.

«Avalanche »de défaillances

Lundi, M. Soloviev a ainsi relevé que des fissures avaient été découvertes sur le module cargo Zarya, qui date de 1998. Le module Zvezda a connu lui à plusieurs reprises, notamment en 2019 et 2021, des fuites d'air. Début avril, il avait estimé que la durée de vie de l'ISS pouvait être en soi prolongée jusqu'en 2030, mais qu'il fallait s'attendre à «une avalanche de défaillances» après 2025.

L'industrie spatiale russe a rencontré de nombreuses difficultés ces dernières années entre lancements ratés et scandales de corruption. Mais elle veut se relancer avec des projets ambitieux, comme construire sa propre station spatiale ou une base lunaire avec la Chine. La coopération avec les Etats-Unis est, elle, en train de se dégrader, sur fond de tensions internationales.

ATS