Le temps humide fait pousser les champignons en nombre

jc, ats

11.8.2021 - 10:58

Le temps humide des dernières semaines n'a pas eu que des effets négatifs. Dans les forêts suisses, de nombreux champignons sortent actuellement de terre. Les amateurs se réjouissent, mais l'humidité invite aussi à une prudence particulière lors de la consommation.

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11.8.2021 - 10:58

Le temps humide de ces dernières semaines réjouit les amateurs de champignons: de nombreux individus, ici des bolets, sont sortis de terre dans presque toutes les régions de Suisse (archives).
ATS

Une pluie abondante est en principe bénéfique aux champignons. Dans les deux Appenzell par exemple, où il a beaucoup plu ces dernières semaines, on trouve actuellement de très nombreux et très beaux champignons, explique Matthias Müller, président de l'association locale des champignonneurs, à Keystone-ATS.

Selon lui, la variété des espèces est également particulièrement élevée en Appenzell. Les années passées, particulièrement sèches, il arrivait que l'on ne trouve que deux champignons à cette période. Cette année, il y a 70 espèces avec deux à trois individus chaque fois. «Je ne vois pas d'autre explication que l'humidité», avance Matthias Müller.

Cette abondance attire déjà les ramasseurs dans les forêts. Eva Grosjean-Sommer, présidente de Association alémanique des organes officiels de contrôle des champignons (Vapko), et Geni Christen, contrôleur officiel de champignons pour la région de Saas-Fee (VS), signalent un nombre étonnant de cueilleurs déjà venus présenter leur récolte cette année.

La chaleur manque

Ce qui manque jusqu'à présent, c'est la chaleur. Les champignons qui aiment avoir chaud, comme les bolets, n'ont pas encore vraiment pu germer en Appenzell, selon Matthias Müller. Eva Grosjean-Sommer observe le même phénomène dans le canton de Berne. Récemment, seuls de petits champignons, nombreux mais à la valeur comestible insignifiante, sortaient du sol.

Les cueilleurs valaisans semblent avoir plus de succès. «Les premiers sont venus avec des cèpes dès le mois de juin», ce qui est très tôt, précise Geni Christen.

Cela montre à quel point la croissance des champignons peut varier d'une région à l'autre. Leur développement présente parfois aussi des anomalies. À Lucerne par exemple, il n'y a encore presque pas de champignons, remarque René Zopp, du bureau de contrôle local. Mais la saison ne fait que commencer.

Attention aux moisis

La croissance des champignons dépend essentiellement de l'interaction entre l'humidité et la température. Les cueilleurs doivent donc trouver le bon moment pour cueillir leur espèce préférée. Si les champignons se trouvent au soleil, ils se décomposent plus rapidement, explique Geni Christen. Il ne serait pas bon non plus pour certaines espèces qu'il pleuve à nouveau maintenant, ajoute Matthias Müller: «Certains champignons n'aiment pas être trop mouillés, ils se gâtent alors rapidement.»

De plus, les champignons, qui sont en fait quasi des éponges, peuvent absorber beaucoup d'eau, rappelle Eva Grosjean-Sommer. Lorsqu'ils sortent de terre, ils se décomposent plus vite, ont des vers ou des moisissures.

«En gros, il faudrait montrer chaque champignon au contrôle avant de le consommer», souligne Eva Grosjean-Sommer, un conseil qu'elle donne même aux cueilleurs expérimentés.

Pour éviter les ennuis après un repas de champignons, il convient de n'emporter que les individus frais, d'un bel aspect et que l'on connaît. Et seulement autant qu'il est possible de consommer en une semaine, soulignent les experts.

Les bolets sont le plus souvent à l'origine d'intoxications alimentaires, parce qu'ils sont consommés déjà avariés ou pas assez cuits, explique Eva Grosjean-Sommer. L'année dernière, le centre d'information sur les empoisonnements Tox Info a enregistré 806 consultations liées aux champignons.

Du temps pour les spores

Les ramasseurs doivent également tenir compte des restrictions pour la cueillette, qui varient d'un canton à l'autre. Dans certains cantons, la récolte est interdite les dix premiers jours du mois, dans d'autres, l'interdiction est valable à certaines heures. Berne ou le Valais n'imposent en revanche aucune restriction. En outre, certains cantons limitent la quantité pouvant être cueillie.

Pendant les jours de repos, il faut laisser pousser et sporuler les champignons afin d'augmenter leur reproduction. L'Association des organes officiels de contrôle des champignons Vapko répertorie ces règles ainsi que les points de contrôle cantonaux sur son site.

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