Coincés dans l'espaceDe retour sur Terre, les trois astronautes chinois «se portent bien»
ATS
14.11.2025 - 11:37
Trois astronautes coincés depuis plusieurs jours dans la station spatiale chinoise Tiangong en raison de dégâts sur leur vaisseau de retour sont rentrés sans encombre sur Terre vendredi avec un autre engin, selon un média d'Etat.
Cette capture d'écran tirée d'une vidéo publiée par l'Agence spatiale chinoise CMSA le 1er octobre 2025 montre les taïkonautes Chen Dong C, Chen Zhongrui R et Wang Jie à bord de la station spatiale chinoise Tiangong, adressant leurs sincères vœux à l'occasion de la fête nationale.
IMAGO/Xinhua
Keystone-SDA
14.11.2025, 11:37
14.11.2025, 11:38
ATS
Leur voyage retour était initialement prévu le 5 novembre. Il avait été reporté en raison de la détection de fissures sur leur vaisseau Shenzhou-20, amarré à la station, après des impacts de micro-débris spatiaux. Un tel dommage présentait un risque vital pour l'équipage lors du retour dans l'atmosphère terrestre.
Suspendue à un immense parachute rouge et blanc, la capsule transportant les trois hommes a perdu lentement en altitude avant de toucher le sol désertique de la zone d'atterrissage, en Mongolie intérieure (nord de la Chine), selon des images de la chaîne CCTV. Les trois hommes, Chen Dong (46 ans), Chen Zhongrui (41 ans) et Wang Jie (36 ans), «se portent bien», a-t-elle précisé.
La vitre de la capsule de retour du vaisseau Shenzhou-20, celui avec lequel ils étaient censés revenir sur Terre, présentait une «fine fissure» et «ne remplissait plus les critères» pour «un retour en toute sécurité», avait indiqué vendredi l'agence chinoise chargé des vols habités, la CMSA.
«Palais céleste»
Pour ne prendre aucun risque, ils sont revenus avec un autre vaisseau, celui de la mission Shenzhou-21. C'est celui de l'équipage qui les a relayés dans Tiangong – arrivé début novembre dans la station. Ce report du voyage de retour constitue un rare contretemps pour un programme spatial chinois habituellement bien huilé et qui vise notamment à envoyer des Chinois sur la Lune d'ici à 2030.
Le trio de la mission Shenzhou-20 était arrivé fin avril dans Tiangong ("Palais céleste"). La construction de la station a été achevée en 2022 et elle devrait être opérationnelle au total pendant au moins 10 ans. Les équipages de trois astronautes se relaient généralement à bord pour des séjours de six mois.
Le prochain vaisseau, Shenzhou-22, sera lancé «à une date qui reste à déterminer», a indiqué vendredi la CMSA. Selon des analystes, il pourrait être envoyé dans l'espace sans astronautes à bord, puis être chargé de ramener sur Terre, le moment venu, l'équipage de Shenzhou-21 – le trio qui reste dans Tiangong.
Exclue de l'ISS
La Chine a considérablement développé ses programmes spatiaux depuis une trentaine d'années, injectant des milliards d'euros dans ce secteur afin d'arriver au niveau des Etats-Unis, de la Russie ou de l'Europe. La CMSA a assuré fin octobre qu'elle «maintenait fermement» l'objectif d'envoyer des humains sur la Lune d'ici 2030.
La Chine a également posé en 2019 un engin spatial (la sonde Chang'e-4) sur la face cachée de la Lune, une première mondiale. Le pays asiatique avait aussi fait atterrir en 2021 un petit robot sur Mars.
La Chine est formellement exclue de la Station spatiale internationale (ISS) depuis 2011, date à laquelle les Etats-Unis ont interdit à la Nasa de collaborer avec Pékin. Cela a poussé le géant asiatique à développer son propre projet de station spatiale.