Le fossile pourrait servir à accélérer la transition énergétique

gf, ats

18.11.2021 - 11:21

Garder une chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré passe par une transition énergétique complète la plus rapide possible. Pour ce faire, il faut exploiter les centrales fossiles une dernière fois à leur maximum afin de passer pleinement à l'énergie solaire, révèle une étude de l'Empa.

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18.11.2021 - 11:21

Selon des chercheurs de l'Empa, il faudrait utiliser l'énergie fossile une dernière fois pour activer la transition énergétique. (image d'illustration)
KEYSTONE

La voie calculée par Harald Desing et Rolf Widmer, chercheurs au Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (Empa), vise des émissions cumulées de CO2 aussi faibles que possible en les réduisant le plus vite possible et non pas lentement, comme c'est le cas actuellement. Les deux scientifiques parviennent ainsi à limiter à 20% le risque que l'objectif climatique de 1,5 degré soit dépassé.

Probabilité de réussite de 50% insuffisante

Selon les prévisions optimistes Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), les chances de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré ne sont que de 50 %. Les objectifs adoptés lors de la récente conférence mondiale sur le climat, à Glasgow, prennent en compte cette incertitude.

Pas question de se contenter d'une probabilité de moitié, estiment les deux chercheurs. «Nous devons donc faire davantage pour augmenter les chances d'un avenir sûr», observent-ils, cités dans le communiqué diffusé jeudi par l'Empa.

Le fossile au service du solaire

Les deux scientifiques ont donc calculé la limite physique de l'accélération de la transition énergétique. À l'aide d'un modèle développé dans le laboratoire Technologie et société de l'Empa, ils ont simplifié l'économie mondiale: il existe une «machine fossile», qui combine les énergies non renouvelables et transforme les combustibles fossiles en électricité, et il existe une «machine solaire» qui produit du courant à partir de la lumière du soleil.

Or, la construction de la machine solaire nécessite d'abord de l'énergie, qui, au début de la transition énergétique, ne peut provenir que de la machine fossile. Pour y parvenir avec les émissions cumulées les plus faibles possibles, il faut maintenant utiliser au maximum toutes les centrales fossiles et consacrer l'énergie supplémentaire ainsi obtenue à la construction de la machine solaire, estiment les deux chercheurs.

Transition complète en cinq ans

«Notre simulation montre que la conversion la plus rapide possible de l'industrie énergétique génère les émissions cumulées de CO2 les plus faibles», explique Harald Desing. Paradoxalement, cela signifie que les émissions fossiles augmentent jusqu'à 40% pendant la transition, mais dans le seul but de construire des infrastructures solaires afin d'achever la transition en cinq ans et d'éteindre ensuite le moteur fossile.

Toutefois, même le revirement énergétique le plus rapide possible entraîne toujours une probabilité de 20 % que l'objectif de 1,5 °C soit dépassé. Il est déjà trop tard pour espérer descendre en dessous. Et chaque année d'attente augmente cette probabilité.

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