Séance de conciliationAccord trouvé entre le Conseil communal de La Chaux-de-Fonds et une élue
ATS
12.11.2025 - 16:57
Les cinq conseillers communaux de La Chaux-de-Fonds (NE) et une élue sont arrivés à un accord lors d'une séance de conciliation mercredi devant le Tribunal de police dans une affaire de diffamation. Brigitte Leitenberg a reconnu que l'exécutif n'était pas antisémite.
Brigitte Leitenberg est conseillère générale de La Chaux-de-Fonds et députée au Grand Conseil (archives).
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Keystone-SDA
12.11.2025, 16:57
ATS
L'accord stipule que la prévenue présente des excuses sincères pour les propos qu'elle a postés sur Facebook le 21 février et regrette les conséquences qu'ils ont eu sur les parties plaignantes. Elle admet que «ses propos ont été offensants et excessifs».
La conseillère générale et députée PVL avait notamment écrit: «Honte à ceux qui comme les collabos, qui ont soutenu les nazis, ont validé le groupe haineux» (le Hamas). Les cinq conseillers communaux de La Chaux-de-Fonds Jean-Daniel Jeanneret, Théo Bregnard, Théo Huguenin-Elie, Thierry Brechbühler et Ilinka Guyot avaient déposé plainte pour diffamation.
Le Ministère public avait requis 30 jours-amende à 120 francs, avec sursis pendant deux ans. L'accord reconnaît que la démarche en justice des conseillers communaux était légitime et que ces derniers n'ont pas fait preuve de malveillance à l'égard de l'élue.
Téléphone anonyme d'Israël
Durant l'audience, les membres du Conseil communal ont dit que cette affaire les avait fortement affectés. «On a dû se justifier de ne pas être antisémite. Il y a eu des amalgames fâcheux à notre égard. On a reçu 466 lettres courroucées. Un collègue a reçu sur la ligne secrète du Conseil communal un coup de téléphone anonyme d'Israël», a expliqué Théo Huguenin-Elie.
«On a eu une pression énorme. Par moment, j'avais peur de rentrer chez moi», a expliqué Ilinka Guyot, au bord des larmes. Elle a ajouté que ces publications étaient un appel à la haine, ce qui n'est pas acceptable.
Théo Bregnard a rappelé que les mots employés étaient violents et qu'une des publications a été maintenue trois mois sur Facebook. Pour Jean-Daniel Jeanneret, «ce ne sont pas cinq personnes qui ont été touchées mais les institutions républicaines», avec des valeurs comme la tolérance, l'humanité et la liberté. «Une insulte a été faite aux institutions».
«Une condamnation ne résoudrait pas les propos tenus», a déclaré Thierry Brechbühler. Ce dernier, tout comme les autres conseillers communaux, militait pour une reconnaissance des faits. Ce que la conciliation a permis.
«En insécurité complète»
Selon l'accord, les parties plaignantes ont reconnu que la prévenue a pu ressentir de la violence et de la peur à l'occasion de la séance du Conseil général du 20 février. Durant celle-ci, une motion populaire demandant que le Chaux-de-Fonnier Philippe Lazzarini, commissaire général de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens UNRWA soit nommé citoyen d'honneur par la Ville, a été débattue.
Durant l'audience de mercredi après-midi, Brigitte Leitenberg a déclaré qu'elle s'est sentie en insécurité complète durant le Conseil général, avec les personnes du collectif Action Palestine, assises juste derrière elle. Sa parole a aussi été coupée à deux reprises durant son intervention.
Quand la motion a été acceptée, «j'ai ressenti une réelle discrimination personnelle et ce que les Juifs ont pu ressentir» (ndlr: durant la Deuxième Guerre mondiale), a-t-elle expliqué. «Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie», a ajouté l'élue.