Affaire Dittli Les partis de gauche demandent une mise en retrait

ATS

12.1.2026 - 17:43

Les partis vaudois ont réagi diversement suite à la présentation lundi du rapport de la délégation des commissions de surveillance du Grand Conseil consacré à Valérie Dittli. Les socialistes et les Vert-e-s sont les plus virulents et appellent la conseillère d'Etat à se mettre en retrait, mais aucune formation n'appelle ouvertement à la démission.

Un rapport sur Valérie Dittli a été récemment publié (archives).
Un rapport sur Valérie Dittli a été récemment publié (archives).
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Si la ministre centriste n'avait pas encore réagi lundi en fin d'après-midi, le président par intérim de son parti, Michele Mossi, a reconnu que les critiques adressées dans le rapport étaient «compréhensibles et justifiées.»

Il a toutefois rappelé que sa ministre avait pris ses fonctions sans véritable expérience politique, se voyant en plus attribuer le lourd dicastère des finances. Elle n'a pas su «se faire accompagner» au début de son mandat, mais elle n'a pas non plus bénéficié de l'aide de l'Etat, a-t-il remarqué, contacté par Keystone-ATS.

Selon Michele Mossi, Valérie Dittli a, depuis, appris de ses erreurs. «Elle est consciente qu'elle doit s'améliorer», a-t-il affirmé, soulignant aussi que la conseillère d'Etat a entrepris une réorganisation de son Département actuel, qui regroupe désormais l'agriculture, la durabilité et le numérique.

Beaucoup moins compréhensifs, les socialistes ont évoqué un «cumul de graves défaillances managériales et politiques» et demandé une «mise en retrait» de Valérie Dittli le temps de l'enquête pénale, la ministre étant aussi dans le viseur de la justice pour un potentiel abus d'autorité. Le PS vaudois s'est dit «choqué» par l'ampleur des défaillances reprochées à la ministre et évoqué un rapport «accablant».

Alliance vaudoise épinglée

Les Vert-e-s ont aussi dit être «indignés par l'ampleur, la répétition et la durée des dysfonctionnements mis en évidence». L'affaire prouve, selon eux, que la conseillère d'Etat «ne possède ni les compétences nécessaires ni l'éthique requise pour exercer une telle fonction». Dans son communiqué, la formation écologiste a appelé l'intéressée à «se tenir à l'écart de la gestion de son département», le temps que les recommandations de la commission soient mises en oeuvre.

Tant les socialistes que les Vert-e-s ont profité de l'occasion pour interpeller les membres de l'Alliance vaudoise (PLR, UDC et Le Centre). «Les partis ont une responsabilité importante dans le choix de leurs candidates et candidats pour des postes exigeants et exposés comme le Conseil d’Etat», a écrit le PSV.

«Tourner la page»

Les Vert'libéraux se sont montrés moins sévères. «Mme Dittli doit mieux faire!», ont-ils écrit dans leur communiqué. De leur point de vue, les «indiscutables erreurs de management» de la ministre de 33 ans, mises en lumière par le rapport «sont imputables à son inexpérience et à son peu de confiance dans une administration héritée de son prédécesseur». Le parti a aussi estimé que l'absence de groupe parlementaire a alourdi sa tâche.

Pour le président de l'UDC vaudoise, Sylvain Freymond, «la situation est désagréable et nuit à l'image de la politique vaudoise», mais il a appelé à «tourner la page et à retrouver une ambiance de travail sereine», a-t-il déclaré à Keystone-ATS.

Selon lui, l'essentiel des révélations de lundi se trouvait déjà dans le rapport Studer, même si les mots utilisés par la délégation des commissions de surveillance sont «plus durs» et se basent sur «des témoignages plus précis.»

Réorganisation justifiée

Du côté du PLR, sa présidente Florence Bettschart-Narbel a indiqué que le parti se réunira mardi pour étudier le rapport en détail. Parmi ses premières observations, elle a notamment dit sa «surprise» au sujet «des nombreux mandats externes» attribués par Mme Dittli à des personnes ne travaillant pas dans son Département, avec «de possibles conflits d'intérêts».

Mme Bettschart-Narbel a également remarqué que le rapport «justifie» la réorganisation des départements en mars, lorsque les Finances avaient été retirées à Mme Dittli et reprises par Christelle Luisier.