Affaire Navalny: Moscou sanctionne des responsables européens

ATS

22.12.2020 - 12:07

L'annonce russe intervient au lendemain de la diffusion d'une conversation téléphonique dans laquelle M. Navalny affirme avoir piégé un agent des services spéciaux russes (FSB) pour lui faire admettre l'empoisonnement.
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La Russie a annoncé mardi sanctionner des responsables européens, en représailles à des mesures adoptées en octobre par l'UE. Celles-ci faisaient suite à l'empoisonnement présumé du principal opposant du pays, Alexeï Navalny.

L'annonce russe intervient au lendemain de la diffusion d'une conversation téléphonique dans laquelle M. Navalny affirme avoir piégé un agent des services spéciaux russes (FSB) pour lui faire admettre l'empoisonnement.

Alexeï Navalny souffre d'un «délire de la persécution» et de «certains symptômes de mégalomanie», a réagi mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

La diplomatie russe a indiqué «avoir élargi la liste des représentants de pays membres de l'UE interdits d'entrer sur le territoire de la Fédération de Russie». Elle n'a pas publié les noms.

Le ministère des Affaires étrangères a expliqué juger «inacceptables» les sanctions européennes visant six personnalités russes, dont Alexandre Bortnikov, le chef du FSB, «sous prétexte de leur prétendu participation à l'incident impliquant le citoyen Navalny».

Trois pays concernés

Ces contre-sanctions ont été annoncées aux représentants des ambassades de France, d'Allemagne et de Suède convoqués au ministère pour l'occasion.

Il s'agit des trois pays dont des laboratoires ont identifié une substance neurotoxique de type Novitchok dans l'organisme de l'opposant, alors hospitalisé en Allemagne.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait prévenu mi-novembre que les contre-sanctions viseraient en «priorité des cadres dirigeants des appareils de l'Allemagne et de la France».

La Russie accuse en outre Berlin, mais aussi Paris et Stockholm et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques de ne pas lui remettre leurs dossiers mettant en cause le Novitchok, substance développée à des fins militaires à l'époque soviétique.

Elle assure que M. Navalny n'avait aucun poison dans son organisme lorsqu'il avait été hospitalisé en Sibérie, et que faute de coopération de la part des Européens, aucune enquête ne peut être ouverte en Russie.

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