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Les personnes effectuant le service civil ont notamment contribué au "tri" des patients lors du Covid, comme ici au centre de test de Mendrisio (TI) en 2020.
ATS
Le durcissement des conditions d'accès au service civil décidé récemment par le Parlement fédéral «affaiblit la cohésion sociale» et va à l'encontre du «bien commun», estiment les associations qui ont lancé le référendum. Elles dénoncent une loi «inutile et néfaste».
Une alliance composée d‘organisations de la société civile, d‘associations concernées et d’établissements d‘affectation, rassemblant des élus de gauche et des Vert-e-s, a lancé sa campagne contre le projet mercredi à Berne. Un durcissement de l'accès au service civil est de nature à «affaiblir une institution qui soutient notre société et à affecter précisément les domaines où le manque de moyens se fait déjà sentir aujourd‘hui», a critiqué la Fédération suisse du service civil (Civiva).
Cela se ferait aux dépens des hôpitaux, des maisons de retraite, des crèches ou encore des fermes de montagne, pour lesquels les civilistes effectuent des milliers d'heures de travail, et sans pour autant renforcer l'armée, jugent les référendaires.
Selon le Conseil fédéral, la modification de la loi sur le service civil réduirait le nombre d‘admissions annuelles à 4000, contre 6800 actuellement, l'idée étant de prévenir, par ricochet, une pénurie de soldats.
Mais selon la conseillère nationale Priska Seiler Graf (PS/ZH), également co-présidente de Civiva, il n'en sera rien: «Tout au plus un durcissement mènerait à une augmentation du nombre de personnes optant pour la ‹voie bleue›, c'est-à-dire l'exemption pour raisons médicales. Ces jeunes manqueront alors dans les deux organisations, le service civil et l'armée.»
Le conseiller aux Etats Fabien Fivaz (Vert-e-s/NE), co-président de Civiva, dénonce «une tactique du salami»: «Les restrictions de l'accès au service civil ne sont qu'une première étape. La suite est connue: réintroduction de l'examen de conscience et, d'ici une décennie, disparition définitive du service civil avec l'introduction de l'obligation de servir dans le domaine de la sécurité.»
Maximiliano Wepfer, responsable de la communication politique auprès de la Fédération suisse pour l’accueil de jour de l’enfant (kibesuisse), a plaidé pour le maintien d'un service civil fort: «Les affectations des civilistes contribuent à atténuer les conséquences négatives du manque de personnel et de main-d‘œuvre qualifiée dans le domaine de l‘éducation et de l‘accueil extra-familial. Sans eux, nos membres se trouveraient dans une situation encore plus critique et tendue», pointe-t-il.
Selon les chiffres du DDPS, 11'000 recrues quittent chaque année les troupes avant la fin de leur obligation de servir, un nombre croissant d'entre elles optant pour le service civil. Même si l'armée ne manque pas de militaires actuellement (la Suisse en comptait plus de 146'000 en septembre, pour un maximum légal de 140'000), les partis de droite et les milieux militaires estiment qu'il y a un risque de pénurie.
«L'armée suisse est en sureffectif depuis plusieurs années», observe Fabien Fivaz, qui juge par ailleurs que service civil et armée «sont complémentaires».
Parmi les mesures destinées à faire baisser l'attractivité du service civil figure l'introduction d'une forme de «cours de répétition» pour civilistes, qui devrait être accompli tous les ans dès l'année qui suit l'admission. Les astreints auraient aussi moins de marge quant à la période durant laquelle ils veulent effectuer leur service.