Crise à Nyon

Blâme avec menace de révocation pour le secrétaire municipal

sj, ats

28.1.2022 - 12:28

Dans la crise que traverse l'administration communale de Nyon (VD), la Municipalité a indiqué vendredi que le secrétaire municipal, au centre de l'affaire, avait reçu un blâme avec menace de révocation. Le syndic Daniel Rossellat précise cependant que le rapport d'enquête de l'ancien juge cantonal Pierre Muller stipulait que le cadre ne méritait pas d'être licencié.

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28.1.2022 - 12:28

L' hotel de ville de Nyon photographier, ce vendredi 11 janvier 2008. Rebondissement dans l'affaire du syndic de Nyon, Alain-Valery Poitry a retrouve son poste. Le Tribunal administratif vaudois a accepte son recours, il avait du quitter sa fonction car il n'etait plus domicilie a Nyon mais a Prangins. Ainsi, il retrouve son poste jusqu'a ce que la justice tranche sur le fond. (KEYSTONE/Martial Trezzini)
Les membres de la Municipalité auront l'occasion de s'expliquer lundi soir prochain lors d'une séance extraordinaire du Conseil communal, convoquée spécialement pour aborder cette crise. (image d'illustration)
KEYSTONE

Dans un communiqué publié vendredi matin, la Municipalité a réitéré sa «consternation» à l'encontre des attaques virulentes la veille du Syndicat des services publics (SSP). Sa section vaudoise accusait en effet l'exécutif nyonnais de vouloir «étouffer» la crise que traverse son administration. Elle a publié des extraits du rapport d'enquête administrative, gardé secret jusque-là, pour dénoncer les «mensonges» de la Municipalité.

Selon ces extraits, le rapport évoque un comportement du secrétaire municipal «contraire à ses devoirs de fonction». L'enquêteur Pierre Muller y parle notamment de propos «potentiellement blessants, dénigrants ou humiliants». Les autorités auraient dû intervenir, selon lui. Le SSP estime dès lors que la Municipalité s'est rendue «complice d'un système qui brise et isole» les employés.

La Municipalité déplore vendredi «une lecture partielle et partiale» du rapport de la part du syndicat. «Le document de 200 pages comporte aussi des éléments à décharge à l'encontre du cadre en question. Dans ses conclusions, l'enquêteur écrit d'ailleurs qu'il ne mérite pas d'être licencié et mérite une deuxième chance», a expliqué à Keystone-ATS Daniel Rossellat.

Le cadre concerné accepte la sanction

«La Municipalité n'a fait que suivre les conclusions du rapport d'enquête et n'a en aucun cas cherché à protéger le cadre concerné», insiste le syndic. «Elle a décidé à l'unanimité dans sa séance du 7 novembre 2021 de suivre exactement les sanctions recommandées par l'enquêteur, à savoir un blâme avec menace de révocation. Une procédure disciplinaire a ainsi été ouverte», apprend-on dans le communiqué de vendredi.

«Le cadre concerné a accepté la sanction envisagée par courrier du 20 janvier 2022 et a exprimé ses sincères regrets pour les souffrances engendrées par les comportements inacceptables relevés par l’enquêteur», indique encore le communiqué. La sanction disciplinaire sera prononcée très prochainement par la Municipalité.

Celle-ci a aussi enjoint le cadre à «s'investir dans les nombreuses démarches d'accompagnement mises en place pour restaurer un climat de travail serein (médiations, thérapie sociale, coaching), ce à quoi l'intéressé s'est pleinement engagé», est-il dit souligné.

La Municipalité dit encore vouloir se réunir prochainement afin d'approfondir son analyse du communiqué du SSP et «de convenir des suites à y donner, se réservant déjà tous ses droits».

Séance extraordinaire

Daniel Rossellat et les autres membres de la Municipalité auront l'occasion de s'expliquer lundi soir prochain lors d'une séance extraordinaire du Conseil communal, convoquée spécialement pour aborder cette crise. La séance sera publique.

Pour rappel, les tensions qui règnent actuellement à Nyon ont aussi débouché, peu avant Noël, sur le dépôt d'une plainte pénale des membres de la Municipalité à l'encontre de leur collègue Elise Buckle, en charge des ressources humaines. Ils lui reprochent d'avoir fait fuiter des informations confidentielles, dans le cadre de l'enquête administrative menée par M. Muller. Une demande de suspension a aussi été adressée au Conseil d'Etat.

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