«Rapport en cours» Chantier de sécurisation de l'AOMC: un retard qui interpelle

ATS

14.11.2025 - 11:26

La suspension du début du chantier de sécurisation de la ligne ferroviaire de l'AOMC entre Collombey et Monthey annoncée le 14 octobre interpelle le Grand Conseil valaisan. Le Conseil d'Etat a dû répondre vendredi à trois interpellations urgentes sur ce sujet.

Une deuxième mise à l'enquête avait ensuite eu lieu qui a débouché sur un premier coup de pioche symbolique, le 22 mai dernier.
Une deuxième mise à l'enquête avait ensuite eu lieu qui a débouché sur un premier coup de pioche symbolique, le 22 mai dernier.
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Une analyse technique et financière approfondie sera conduite par les Transports publics du Chablais (TPC) dans les prochains mois. Les conclusions seront livrées au printemps 2026, et permettront de définir les étapes de reprise du chantier.

Après une première mise à l'enquête en 2018, le projet avait été suspendu en 2019 pour y apporter de nombreuses améliorations, notamment en tenant compte des remarques des offices fédéraux et cantonaux, ainsi que celles des riverains et des opposants. Une deuxième mise à l'enquête avait ensuite eu lieu qui a débouché sur un premier coup de pioche symbolique, le 22 mai dernier.

Le choix des financeurs

La suspension provisoire du projet interpelle divers députés valaisans. Le Centre du Valais romand, le PLR et le PS ont chacun déposé une interpellation urgente. Le conseiller d'Etat Franz Ruppen leur a répondu vendredi matin.

Selon le chef du Département de la mobilité, les financeurs (ndlr: les communes de Monthey et Collombey-Muraz, l'Etat du Valais et l'Office fédéral des transports OFT) «ont réaffirmé leur soutien au projet et son importance stratégique pour le Chablais. Ils ont toutefois souhaité une suspension temporaire des travaux afin qu'une analyse pointure de la situation soit opérée.» Une demande approuvée le 14 octobre par le conseil d'administration des TPC.

Discussions à venir

«La révision du projet nécessitera de nouvelles décissions des financeurs dans le cas où le budget initial ne pourrait pas être respecté», a poursuivi Franz Ruppen. «L'OFT se prononcera sur la marche à suivre, lorsqu'il aura pris connaissance de l'analyse détaillée, en cours, des TPC.» L'OFT finance le 85% d'un projet à 210 millions de francs (chiffre avril 2024).

«Actuellement, aucun partenaire ne subit de pertes financières en lien avec la suspension des travaux. Des décisions seront prises après réception du rapport en cours», a conclu l'élu UDC.

Une autorisation de construire est en force. Une nouvelle mise à l'enquête pourrait avoir lieu en cas d'une éventuelle modification du périmètre du projet. D'éventuelles dépenses supplémentaires devront être à nouveau approuvées par la Confédération. Il en irait de même pour les autres financeurs, a encore précisé Franz Ruppen.

Un audit extérieur

En 2026, la ligne CFF entre Monthey et Saint-Gingolph sera coupée durant trois semaines à cause de travaux. Il en ira de même durant 22 semaines en 2027. Franz Ruppen a annoncé que ceux-ci seront coordonnés avec la sécurisation de la ligne AOMC.

«Nous allons perdre, au minimum, deux ans sur la finalisation du projet», dont l’inauguration était prévue en 2030, avait admis, le mois dernier à Keystone-ATS, le président du Conseil d’administration des TPC, Olivier Français. «Un audit va être mené pour avoir un regard extérieur. Le but demeure de réaliser ce projet selon la planification financière définie.»

L’ambition des TPC est de supprimer le tronçon de ligne AOMC (Aigle – Ollon – Monthey – Champéry) passant par le village de Collombey. Un nouveau tracé adjacent à la ligne CFF existante sera créé tout comme un hub ferroviaire souterrain à Collombey et un regroupement des deux gares de Monthey, dans le bas de la Ville.