«Les jeux sont ouverts» Démission de Rebecca Ruiz: l'UDC affiche déjà son ambition

ATS

26.11.2025 - 19:21

Passé la «surprise» de l'annonce mercredi de la démission de la conseillère d'Etat Rebecca Ruiz, plusieurs partis vaudois réfléchissent désormais à la stratégie à adopter pour l'élection complémentaire au gouvernement en mars prochain. A droite, c'est pour l'instant l'UDC qui affiche le plus son ambition, indiquant déjà vouloir présenter une candidature.

Les partis ont appris avec plus ou moins de surprise la démission de Rebecca Ruiz. Tous comprennent sa décision et lui souhaitent le meilleur pour sa santé et la suite de sa carrière.
Les partis ont appris avec plus ou moins de surprise la démission de Rebecca Ruiz. Tous comprennent sa décision et lui souhaitent le meilleur pour sa santé et la suite de sa carrière.
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«C'est sûr que l'UDC va présenter un candidat. Nous sommes en contact avec les personnes qui étaient envisagées pour les cantonales de 2027», a indiqué le président de l'UDC Vaud Sylvain Freymond à Keystone-ATS. Le parti va «vite» entamer des réflexions à l'interne et au sein de l'Alliance vaudoise (PLR, UDC et Centre).

Le PLR Vaud dit, lui aussi, vouloir réfléchir au sein de l'alliance bourgeoise à l'opportunité de lancer une candidature libérale-radicale, selon sa présidente Florence Bettschart-Narbel. Interrogés, les Vert'libéraux n'excluent pas non plus une possible candidature. «Nous allons discuter de stratégie d'abord à l'interne et peut-être ensuite avec l'Alliance», confie son président Olivier Bolomey. «Les jeux sont ouverts», glisse-t-il.

Pas de candidature écologiste

A gauche, c'est évidemment le Parti socialiste qui va se battre le plus pour conserver son second siège. Le PS Vaud a annoncé dans la foulée de l'annonce de la démission de «sa» ministre dans un communiqué qu'il présentera un candidat ou une candidate pour la complémentaire. Il affirme vouloir «poursuivre le travail engagé par Rebecca Ruiz et porter les valeurs socialistes en vue des élections cantonales de 2027».

De leur côté, les Vert-e-s déclarent d'emblée que le siège laissé vacant d'ici le printemps prochain revient au PS. «Nous ne présenterons pas de candidat ou de candidate. Mais ce sera l'occasion de mobiliser doublement la gauche, en 2026 et en 2027, aux niveaux communal et cantonal», a dit Jean-Valentin de Saussure, vice-président du parti écologiste vaudois.

Le temps presse

Les processus à l'intérieur des partis les plus concernés seront lancés et communiqués prochainement, selon eux. Le temps presse avec une complémentaire agendée début mars, en même temps que les élections communales. Les candidatures seront, sans doute, connues au plus tard début janvier, avec donc un possible duel PS/UDC.

Les partis ont, sinon, appris avec plus ou moins de surprise la démission de Rebecca Ruiz. Tous comprennent sa décision et lui souhaitent le meilleur pour sa santé et la suite de sa carrière.

Son parti a tenu à saluer son «bilan exemplaire qui a démontré un engagement sans faille contre les inégalités, pour un développement de la santé communautaire au plus près de la population, dans un contexte de crises successives».

«Pour défendre des projets résolument portés sur la santé ou la lutte contre les inégalités, Rebecca Ruiz a dû traverser la crise du Covid-19, composer en minorité au gouvernement, ou encore faire face aux attaques incessantes des milieux privés de la santé contre les hôpitaux publics», a commenté dans un communiqué Romain Pilloud, président du PS Vaud. «Le bien commun a toujours été une boussole pour elle face aux intérêts privés et financiers», ajoute-t-il.

Héritage difficile

S'il n'a pas voulu commenter à ce stade le bilan de la ministre socialiste de la santé, l'UDC reconnaît que son département n'était pas le plus simple à gérer. «Elle a hérité d'un département où il y avait beaucoup de choses à améliorer», a estimé M. Freymond.

Même impression au PLR. «Je pense qu'elle a dû gérer un héritage et des dossiers pas toujours faciles de son prédécesseur Pierre-Yves Maillard, notamment s'agissant de la gouvernance du CHUV», a commenté Mme Bettschart-Narbel. Elle salue en revanche le travail de Mme Ruiz pendant la crise du Covid-19.

De leur côté, les Vert'libéraux espèrent un «rebrassage des cartes» avec le Département de la santé et de l'action sociale (DSAS), afin de mener une «politique ambitieuse pour faire baisser les coûts de la santé avec une alternative cantonale», selon les mots d'Olivier Bolomey.