Des journaux alémaniques accusés de «racisme» et «sexisme» à l'ONU

sn, ats

24.2.2021 - 11:52

Plusieurs dirigeantes africaines de l'ONU accusent des journaux alémaniques de «racisme» et «sexisme» après un titre sur la prochaine directrice générale de l'OMC Ngozi Okonjo-Iweala. Londres dénonce également une discrimination.

Ngozi Okonjo-Iweala, Minister of Finance for the Federal Republic of Nigeria, speaks during the second day of the St. Gallen Symposium, a platform for dialogue on key issues in management, the entrepreneurial environment and the interfaces between business, politics and civil society, at the university of St. Gallen, Switzerland, on Friday, May 8, 2015. (KEYSTONE/Gian Ehrenzeller)
Les titres des journaux annonçant la nomination de Ngozi Okonjo-Iweala à la tête de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont outré plusieurs hautes dirigeantes africaines de l'ONU, ainsi que l'ambassadeur britannique auprès de l'OMC.
KEYSTONE

Il y a quelques semaines, plusieurs journaux alémaniques faisant partie du groupe CH Media, dont l'Aargauer Zeitung ou la Luzerner Zeitung, avaient titré sur «la grand-mère» qui va diriger l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève.

Face aux critiques outrées par cette formulation, le groupe s'était rapidement excusé et avait modifié son article en ligne. CH Media avait assuré qu'il n'y avait aucune motivation raciste derrière ce titre. «En lisant le texte, on s'en rend compte», avait souligné Pascal Hollenstein, directeur éditorial du groupe, cité par le site spécialisé persoenlich.com.

Tournure internationale

Mais l'affaire prend désormais une tournure internationale. Dans une lettre révélée mardi par le quotidien britannique The Guardian, plusieurs hautes dirigeantes africaines de l'ONU accusent ces journaux alémaniques de «racisme» et «sexisme». Parmi elles figure notamment la directrice exécutive d'ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka.

Ces responsables reprochent aux quotidiens alémaniques de ne pas avoir plutôt valorisé l'expérience de celle qui deviendra lundi prochain la première femme et la première Africaine à piloter l'OMC. Ministre nigériane à plusieurs reprises, «Dr Ngozi», comme elle souhaite être appelée, a également oeuvré au sein de plusieurs organisations internationales.

De son côté, Londres relaie également une «déception» à l'égard de ces titres. «Ce n'est pas acceptable», a affirmé l'ambassadeur britannique auprès de l'OMC, ajoutant aussi que Dr Ngozi est «la meilleure» pour diriger l'organisation.

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sn, ats