Vaccination

Disparités vaccinales entre les cantons et propagation des variants

fasc, ats

22.1.2021 - 22:22

La Suisse a administré jusqu'à présent 169'783 doses des vaccins Pfizer et Moderna. Les campagnes de vaccination diffèrent selon les cantons, alors que les nouveaux variants se propagent. Un 3e vaccin, celui d'AstraZeneca, pourrait être approuvé dans les prochaines semaines.

Le nombre d'hospitalisations dues au Covid-19 augmente rapidement en Suisse. (archives)
Le nombre d'hospitalisations dues au Covid-19 augmente rapidement en Suisse. (archives)
KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a publié vendredi les premières données nationales sur les vaccinations. Sur les 459'700 doses livrées en Suisse, 169'783 ont été utilisées jusqu'à présent. Le taux de doses administrées par 100 habitants s'élève à 1,97. Ce ratio varie selon les cantons. Il s'élève par exemple à 2,59 dans le Jura, 2,31 en Valais et 1,16 à Neuchâtel.

Dans la majorité des cantons, moins de la moitié des doses livrées ont été administrées. Mais certains cantons connaissent déjà la pénurie, comme le Valais.

Dans ce canton, le stock de vaccins contre le Covid-19 est désormais épuisé. Une nouvelle livraison est prévue début février. Les deuxièmes doses sont, elles, garanties. La suspension momentanée du processus de commande était prévue et concerne tous les cantons, souligne le département cantonal de la santé.

Le canton de Berne ne recevra lui que 10'000 doses au lieu des 18'000 attendues cette semaine en raison de difficultés de livraison du groupe pharmaceutique Pfizer. Interrogé sur les disparités cantonales, le ministre neuchâtelois de la santé Laurent Kurth a commenté vendredi soir à l'émission Forum de la RTS que «dans quelques semaines, nous serons tous au même niveau».

«Les priorités ne sont pas les mêmes dans tous les cantons au démarrage, mais tous se rejoindront après quelques semaines», a-t-il ajouté, lui qui préside la Conférence latine des affaires sanitaires. «Cela n'a pas de sens de chronométrer les cinq premières minutes d'un marathon.»

Effets indésirables présumés

Depuis les lancements des campagnes de vaccination, 42 déclarations d’effets indésirables présumés, la plupart bénins, ont été faites à Swissmedic jusqu'à jeudi. Examinées, elles ne modifient pas le rapport bénéfice/risque des vaccins, qui reste favorable.

Vingt-six des 42 déclarations (62%) concernent des réactions légères déjà rapportées lors des essais cliniques. Seize déclarations (38%) ont été analysées comme relevant d’effets indésirables graves et cinq ont fait état d’un lien avec une évolution d’issue fatale, précise Swissmedic dans un communiqué.

Dans ces cinq derniers cas, les patients étaient âgés de 84 à 92 ans et, d’après les connaissances actuellement disponibles, ils ont succombé à des pathologies fréquentes dans cette tranche d’âge. On ne peut concrètement dans aucun de ces cas soupçonner la vaccination d’être la cause du décès.

Troisième vaccin

En plus des deux vaccins déjà autorisés, le vaccin d'AstraZeneca pourrait être approuvé «dans les prochaines semaines», selon Swissmedic. L'Institut des produits thérapeutiques attend toujours des «données importantes», a déclaré son porte-parole, Lukas Jaggi, à l'agence de presse Keystone-ATS. La Suisse en a commandé environ 5,3 millions de doses.

Lors d'un point presse aux Hôpitaux universitaires de Genève, le conseiller fédéral Alain Berset a défendu la stratégie de la Suisse concernant les réservations et les achats de vaccins. La Suisse «n'est pas à la traîne mais à la pointe», a-t-il souligné.

Hausse des variants

L'OFSP a recensé vendredi 2156 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures – soit 10% de moins qu'il y a une semaine. La valeur R est passée sous la barre des 0,8 pour la première fois depuis la mi-novembre. Cette valeur illustre la situation de l'infection il y a une dizaine de jours.

Le 12 janvier, le taux de reproduction (valeur R), qui correspond au nombre de personnes qu'une personne infectée contamine en moyenne, était de 0,79. Avec cette valeur, il serait possible de réduire de moitié le nombre de cas en Suisse toutes les deux semaines. La dernière fois que cela a été le cas, c'était du 6 au 12 novembre.

Les variants du coronavirus continuent eux de se propager rapidement. Vendredi, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) avait connaissance de 674 cas, contre 582 jeudi et 479 mercredi.

À Bremgarten, près de Berne, 298 personnes ont été libérées de la quarantaine. Il s'agit de contacts au deuxième degré de deux écoliers qui ont contracté le coronavirus muté de Grande-Bretagne pendant des vacances de ski à Wengen BE.

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