Entrée en matière sur le budget acceptée – excédent de 8 millions

js, ats

1.12.2020 - 15:08

Les députés neuchâtelois sont de retour au Pavillon des sports de La Chaux-de-Fonds. Contrairement au printemps, ils sont tous masqués, même si les distances sont respectées (archives).
ATS

Le Grand Conseil neuchâtelois est entré en matière mardi sur le budget 2021, qui devrait dégager un excédent de 8 millions de francs. L'impact financier de 111,7 millions, lié à la crise du Covid-19, sera compensé notamment par un recours aux réserves conjoncturelles.

«Le budget 2021 a été particulier et compliqué à établir. Le travail a été élaboré avec un très grand climat d'incertitude», a déclaré Laurent Kurth, conseiller d'Etat, en charge des finances.

Laurent Kurth a ajouté que «l'Etat tiendra en 2020 et en 2021. Les amortisseurs conjoncturels introduits en 2019 permettent d'éviter d'ajouter une crise financière à la crise sanitaire, sociale et économique. Les exercices 2022 et 2023 demanderont néanmoins une grande rigueur et des choix».

«Notre position rassembleuse ne doit pas être lue comme un chèque en blanc donné gratuitement au gouvernement», a déclaré le PLR Andreas Jurt. «Nous avons décidé de baisser les voiles et d'amener tout le monde à bord sain et sauf (...). Le temps viendra où il faudra trouver des solutions pour que le bateau ne dérive pas», faisant allusion notamment à l'augmentation de la dette à 2,2 milliards de francs.

«Grâce au recours aux provisions conjoncturelles, l'avenir à court terme se présente de façon sécurisante sans devoir augmenter les impôts ou couper dans les prestations. A moyen et à long terme, la situation est beaucoup plus inquiétante», a déclaré la socialiste Florence Nater. La députée s'inquiète notamment du futur visage de la société post-Covid, de l'épuisement du personnel hospitalier et de l'augmentation de la pauvreté.

Erosion des recettes fiscales

Le groupe POPVertsSol déplore l'érosion des recettes fiscales depuis 2015 sous la barre du milliard de francs, en lien avec les réformes fiscales, a déclaré le député popiste Armin Kapetanovic. Même s'il aurait souhaité une meilleure reconnaissance de l'engagement des premiers de cordées – personnel dans les soins notamment -, il salue le fait qu'il n'y ait pas eu cette année de démantèlement de prestations.

Pour l'UDC, «l'amendement Covid, lié aux dépenses extraordinaires engendrées par la crise sanitaire est trop générique et le parlement devra être extrêmement vigilant (...). Il pourrait en effet être tentant pour le Conseil d'Etat de noyer ou de lisser certaines dépenses par l'entremise de cet amendement», a expliqué Niels Rosselet-Christ.

Pour le groupe Vert'libéral-PDC, l'excédent de «près de 8 millions de francs, après les amendements Covid, tient de la prestidigitation, tant la situation reste incertaine, a déclaré la Vert'libérale Mireille Tissot-Daguette. L'avenir prédit est trop optimiste car on n'arrive pas à gommer les problèmes structurels. La situation reste critique».

Investissements de 85,4 millions

Les charges supplémentaires liées au Covid devraient se monter à 31,4 millions. Les recettes fiscales devraient baisser de 85,9 millions. Au total, l'impact net devrait atteindre 111,7 millions.

Les compensations financières possibles proviendront de prélèvements à la réserve de lissage et à celle de politique conjoncturelle de 56,2 millions de francs et d'une non-attribution du versement supplémentaire de la BNS aux réserves pour un total de 42 millions. L'impact résiduel du Covid serait de 13,5 millions.

Comme sans les effets de la crise sanitaire et économique, le budget aurait dégagé un excédent de revenus de 21,5 millions de francs, le résultat final devrait être positif de près de 8 millions. Le Conseil d'Etat a rappelé que l'année 2021 aurait bel et bien confirmé le retour à une structure financière équilibrée. Les investissements prévus pour 2021 se montent à 85,4 millions de francs, dont 25,7 millions pour le trafic et les télécommunications.

Comptes 2020 touchés

L'exercice 2020 sera aussi impacté par la crise liée au Covid. Avant la crise sanitaire, le budget prévoyait un bénéfice de 5,3 millions de francs pour cette année. Selon la situation à mi-octobre, le Conseil d'Etat prévoit un impact de 118,7 millions en 2020, en lien avec le Covid. Les charges devraient augmenter de 71 millions et les recettes fiscales baisser de 52 millions. D'autres revenus liés au Covid sont attendus pour 5,8 millions.

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js, ats