«On se mobilisera jusqu'au bout» 20'000 fonctionnaires vaudois dans la rue contre les mesures d'économies

ATS

9.12.2025 - 19:30

La colère de la fonction publique vaudoise ne tarit pas: environ 20'000 manifestants se sont à nouveau rassemblés dans les rues de Lausanne pour protester contre le projet de budget 2026 et ses mesures d'économies à hauteur de 305 millions.

La colère des fonctionnaires qui ont à nouveau manifesté dans les rues de Lausanne ne tarit pas face aux coupes budgétaires annoncées par le Conseil d'Etat.
La colère des fonctionnaires qui ont à nouveau manifesté dans les rues de Lausanne ne tarit pas face aux coupes budgétaires annoncées par le Conseil d'Etat.
ATS

Keystone-SDA

Point culminant d'une journée de mobilisation qui a démarré le matin, le cortège s'est d'abord formé sur l'esplanade de Montbenon, répondant à l'appel des syndicats SSP-Vaud, FSF et SUD. Il s'est ensuite dirigé peu après 18h00 dans le brouillard en direction du Château, siège du gouvernement.

Le rassemblement a réuni environ 15'000 manifestants, selon une estimation de Keystone-ATS, 21'500, selon les chiffres fournis par la police de Lausanne.

Jusqu'au bout

«Pour vous, pour nous, on se mobilisera jusqu'au bout», ont lancé les orateurs au départ du cortège. Ils ont fustigé des «négociations qui n'existent que dans l'imaginaire du Conseil d'Etat». Le gouvernement commet une grave faute en ignorant la plus grande mobilisation du service public en Suisse. «Nous sommes déterminés, nous ne lâcherons rien».

Illustrant ces propos durant le défilé, les travailleurs de la fonction publique et parapublique ont notamment scandé «Grève, grève, grève et mobilisation, c'est ça, c'est ça, c'est ça la solution ».

«Austérité et patrie», «On Vaud mieux que ça» pouvait-on lire sur des pancartes. Nombre d'entre elles avaient trait à l'école: «Cricri revoit ta copie» ou encore «Pas d'économies en saignant les enseignants».

Le secteur social et de la santé s'est aussi mobilisé. Les manifestants ont au passage déposé un faux cercueil devant le Parlement vaudois où les députés traitent actuellement du budget cantonal 2026. «Soins de qualité, décès faute de moyens», " Elèves oubliés sur l'autel de l'austérité, pouvait-on y lire.

La manifestation s'est déroulée dans le calme. Un petit incident s'est néanmoins produit. Une voiture parquée à la rue de Paix s'est enfilée dans le cortège sans intention malveillante. Elle s'est trouvée prise dans le dispositif, provoquant quelques haussements de voix, a indiqué un porte-parole de la police de Lausanne, revenant sur une information de la RTS.

Grève et actions

La journée de colère de la fonction publique avait démarré dans la matinée, les établissements scolaires restant le secteur le plus mobilisé. Selon le SSP-Vaud, une cinquantaine d'établissements scolaires obligatoires et post-obligatoires étaient notamment en grève. Le Département de l'enseignement et de la formation professionnelle n'a quant à lui pas fourni d'estimations à ce stade.

Plusieurs autres actions ont ponctué la journée. Parmi elles, des rassemblements, des distributions de tracts et de lettres à la population, des soupes et des biscuits offertes par des enseignants ou des desserts apportés à certains résidents d'EMS en ville de Lausanne.

Avis divergents

Les syndicats ont prévu de se réunir mercredi soir lors d'une nouvelle assemblée générale unitaire. Ils décideront de la suite à donner à leur mobilisation.

Depuis début octobre, il s’agit de la septième journée de grève pour certains lieux de travail. Et de la huitième journée de mobilisation si l’on tient compte de la première grande manifestation du 2 octobre qui avait réuni 10'000 manifestants a rappelé le SSP. Les suivantes avaient rassemblé entre 16'000 et 25'000 le 18 novembre, environ 20'000 le 26 novembre.

Budget fortement contesté

Le gouvernement lui a répété à plusieurs reprises devant le Grand Conseil qu'il n'avait pas refusé le dialogue, contrairement aux dires des syndicats. La présidente Christelle Luisier a notamment évoqué deux séances de discussions et relevé que, selon elle, c'était les syndicats qui avaient «refusé toute entrée en matière».

Le Conseil d'Etat a présenté le 24 septembre son projet de budget 2026, qui prévoit un déficit de 331 millions de francs et 305 millions de mesures d'économies. Le personnel de l'Etat est directement concerné avec notamment une «contribution de crise» de 0,7% du salaire brut en 2026 sur les classes salariales de 6 à 18. Cette mesure, comme les autres, est combattue par les syndicats.