Humour

La rapidité de Thomas Wiesel impressionne Alain Berset

Valérie Passello

31.12.2020

En cette année particulière, l'humoriste vaudois a fait rire les Romands avec ses commentaires sur les conférences de presse de la Confédération. Privés de scène, nombreux sont les artistes qui, comme lui, se sont montrés créatifs en ligne et sur les réseaux sociaux. Florilège.

Avec ses commentaires décalés des conférences de presse de la Confédération et des Exécutifs romands, l'humoriste Thomas Wiesel a aidé le public à dédramatiser la situation de crise liée au coronavirus. 
KEYSTONE

Les annonces du Conseil fédéral n'ont jamais été très réjouissantes en cette année de crise pandémique. Mais s'il en est un qui a donné aux Romands le goût de suivre attentivement les conférences de presse de la Confédération, c'est bien l'humoriste Thomas Wiesel. 

Ses éclairages décalés et bien sentis, postés quasi-simultanément aux annonces d'Alain Berset et consorts, ont fait le tour des réseaux sociaux. 

Alain Berset lui-même n'y est pas insensible, raconte l'humoriste: «Il réagit parfois avec un emoji ou un mot sympa. On s'est croisé en juin et il m'a dit qu'il était impressionné par la vitesse à laquelle je produis mes petites vignettes. Mais bon, impressionner quelqu'un qui bosse dans l'administration fédérale avec sa vitesse de travail, ça compte pas vraiment.»

2020 a donné du grain à moudre aux artistes et, comme toute situation dramatique, ouvert le champ à de nombreux possibles en termes d'humour.

Thomas Wiesel confie: «J'ai beaucoup ri en allant voir Confinage, la revue romande, en octobre. Alors qu'on avait tous fait des gags sur la pandémie, ils ont quand même réussi à faire un spectacle uniquement sur ce thème qui soit original et plein d'angles surprenants, j'étais impressionné.»

Dès lors, la pandémie étant une intarissable source d'inspiration, ne craint-il pas que tout s'arrête?

Celui qui vient d'être désigné Vaudois de l'année, dans la catégorie humoristes, répond avec le second degré qui le caractérise: «Oui, je serai extrêmement triste de pouvoir reprendre les spectacles, la tournée, les évènements en présentiel et le contact avec le public, et de pouvoir à nouveau aborder des centaines de thèmes et plus seulement un seul. Je vais difficilement m'en remettre.»

Quand la pilule passe mieux en musique

Dans un autre style, mais aussi drôle et léger dans la tourmente pandémique, Marie Reno a su tirer parti du confinement pour  glisser des notes de bonne humeur dans le quotidien des internautes. 

De "C'était quand le jour 1 du confinement?" (plus de 334'000 vues) aux "Hits du confinement" (près de 65'000 vues), en passant par "Pandémia, la dernière comédie musicale avant la fin du monde" (plus de 135'000 vues), Ses textes faits maison posés sur des airs connus ont cartonné en ligne.

Et les artistes Romands ne sont pas en reste en matière de vidéos musicales. "Cette année-là, édition 2020" de Yann Marguet et Blaise Bersinger, publiée le 9 décembre, dépasse les 136'000 vues.  

Le plaisir de lire avec Fabrice Luchini

Le truculent comédien français Fabrice Luchini a lui aussi réagi à la crise sanitaire à sa manière. Lors du premier confinement, en mars, l'acteur a ouvert un compte instagram pour partager avec son public ses lectures  des Fables de Jean de la Fontaine. 

Une initiative qui a séduit les Français confinés, puisque presque toutes ses vidéos ont dépassé les 100'000 vues. 

Le 1er novembre, lors du deuxième confinement, Fabrice Luchini n'a pas caché son dépit face aux mesures édictées par le gouvernement, avec une sensibilité touchante. Mais il a poursuivi sur sa lancée, en proposant cette fois des textes de Victor Hugo, Baudelaire ou Rimbaud. «Il ne reste pas grand-chose d'autre à faire que lire, essayer de lire, essayer de travailler», déclare-t-il. 

Se réinventer

Le chanteur français Jean-Louis Aubert a été l'un des premiers se produire en direct sur les réseaux sociaux au début de la pandémie.

Beaucoup ont suivi. En communiquant simplement avec leurs fans via des vidéos sans artifices, comme Florence Foresti ou Camille Lellouche, notamment. Ou en créant des capsules vidéos plus abouties, comme la série «Bon Ben Voilà», imaginée par Blaise Bersinger, Julien Doquin de Saint Preux, Yann Marguet, Valérie Paccaud, et Yacine Nemra.

«On ne prendra plus pour acquis notre job et le fait de pouvoir se produire devant des salles pleines»

Thomas Wiesel, humoriste

Pour autant, selon Thomas Wiesel, la crise changera-t-elle durablement le monde de la culture? «C'est difficile à dire pour le moment», répond l'humoriste, qui constate, comme premier effet, un peu plus de solidarité et de collaboration dans un domaine où les artistes étaient habitués à se débrouiller chacun dans son coin.

«Même si c'est de la musique d'avenir, je pense qu'on ne prendra plus pour acquis notre job et le fait de pouvoir se produire devant des salles pleines et qu'on chérira mieux cette chance, en tout cas les trois premiers jours... Après, je râlerai de nouveau si je dois aller jouer loin et qu'il fait froid», conclut-il.

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