L'évacuation s'est déroulée sans incident majeur

gsi, ats

31.3.2021 - 02:13

La ZAD du Mormont (VD) est quasiment évacuée. À l'issue d'une longue intervention, réalisée sans heurt majeur, la police est parvenue à déloger les activistes rassemblés sur la colline pour protester contre l'extension de la carrière du cimentier Holcim.

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31.3.2021 - 02:13

Après avoir longtemps résisté, les derniers zadistes s'étaient retranchés sur le toit de la maison qui leur servait de quartier général.
ATS

Sur les quelque 200 zadistes présents mardi au Mormont, il n'en restait plus que quatre à la tombée de la nuit, perchés sur des arbres. La police ira les chercher mercredi matin.

L'évacuation de la première ZAD – pour zone à défendre – de Suisse s'est majoritairement déroulée dans le calme. Les seules véritables scènes de violence se sont produites lorsque la police, peu avant midi, a lancé l'assaut sur les principales barricades du camp zadiste.

Les forces de l'ordre ont alors essuyé des jets de pierres, de peinture et d'engins pyrotechniques. Ils ont répliqué par quelques tirs de balles en caoutchouc. Un blessé léger (à la main) a été signalé du côté de la police, et apparemment aucun chez les militants.

Longue intervention

Démarrées dès l'aube, les opérations ont duré plusieurs heures, entre évacuations de militants accrochés les uns aux autres ou perchés sur les hauteurs (cabanes dans les arbres, hamacs suspendus, toit d'une vieille bâtisse). Il a aussi fallu dégager plusieurs obstacles menant aux zadistes (barricades en bois, clous, barres en acier, tôles, barbelés, etc).

«C'était une intervention de très grande envergure, menée dans un souci permanent de préserver l'intégrité physique des activistes», a commenté le commandant de la police cantonale, Jacques Antenen. Il s'est réjoui d'une opération menée «sans incident majeur», malgré «les actions insensées» d'une «minorité» de zadistes.

Il n'a pas voulu encore donner le nombre de policiers engagés pour cette opération. Mais, selon un décompte de Keystone-ATS, ils étaient en tout cas 150 en tenue anti-émeute à pénétrer dans la ZAD.

«Situation anxiogène»

De leur côté, les habitants et sympathisants de la ZAD ont résisté en s'agrippant, chantant, dansant et hurlant des slogans hostiles à la police et à Holcim.

«La situation est très anxiogène. Mais nous voulons tenir le plus longtemps possible. Plus nous résisterons, et plus nous pourrons dénoncer la violence engendrée par Holcim», a réagi une zadiste, peu avant son évacuation.

A 21h30, la police a précisé que 62 personnes avaient été interpellées et identifiées, et que 30 autres subissaient encore des contrôles.

Dépendance au béton

Lors d'une conférence de presse organisée en soirée à La Sarraz, la conseillère d'Etat Béatrice Métraux a regretté que les zadistes ne soient pas partis de leur plein gré. Elle a toutefois reconnu que les militants, par leur occupation entamée en octobre, avaient «mis en lumière» plusieurs questions de société, comme la dépendance au béton.

«Je partage leurs préoccupations et le Conseil d'Etat y travaille actuellement», a dit la ministre en charge de l'environnement et de la sécurité. Le directeur de la cimenterie d'Holcim, François Girod, a aussi reconnu que les zadistes avaient réussi à créer «une nouvelle donne à prendre en compte pour les futurs projets de l'entreprise».

A noter que le gouvernement vaudois a mandaté trois observateurs pour surveiller cette évacuation. «Nous sommes là en toute indépendance et remettrons un rapport au Conseil d'Etat», a expliqué l'un d'eux, l'ancien ministre vaudois Philippe Biéler.

Manifestation de soutien

Dans la soirée, des membres de la grève du climat ont organisé une brève manifestation de soutien aux zadistes à Zurich. Ils étaient 150 selon les organisations, moins nombreux selon la police qui n'a pas précisé leur nombre.

Pour mémoire, la ZAD du Mormont a vu le jour le 17 octobre dernier. Les militants se sont précisément installés sur le plateau de la Birette, où Holcim souhaite étendre sa carrière, un projet qui reste toutefois suspendu à un recours au Tribunal fédéral.

Holcim avait entrepris des actions en justice pour chasser les activistes. Ceux-ci ont tenté de faire recours, mais sans succès, ouvrant la voie à une expulsion dès mardi.

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