Session d'hiverF. Fivaz: «sénateur, j’ai deux fois plus de travail qu’au National»
ATS
20.11.2025 - 10:00
Si les deux chambres du Parlement ont le même poids politique, leur fonctionnement n’en est pas moins différent. Conseiller aux Etats depuis juin après cinq ans passés au Conseil national, le Neuchâtelois Fabien Fivaz pointe notamment une charge de travail plus élevée à la Chambre des cantons, ainsi qu’une plus grande liberté de parole.
Rencontré dans un café de La Chaux-de-Fonds (NE) fin octobre, Fabien Fivaz revient sur ses premiers pas à la Chambres des cantons. (archives)
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20.11.2025, 10:00
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Rencontré dans un café de La Chaux-de-Fonds (NE) fin octobre, Fabien Fivaz revient sur ses premiers pas à la Chambres des cantons. Ayant pris la succession de Céline Vara, désormais conseillère d'Etat, celui qui a été conseiller national pendant cinq ans découvre un plénum où les opinions sont portées à titre individuel, et non au nom du parti comme c'est la norme au National. Il explique l'importance des contacts interpersonnels pour nouer des compromis.
Keystone-ATS: Fabien Fivaz, qu'est-ce que votre accession au Conseil des Etats a changé pour vous?
F.F.: J'ai désormais le droit de parler (rires). Plus sérieusement, la coutume veut qu'aux Etats, les nouveaux élus ont l'obligation d'écouter et de se taire. Pour autant, le fait de devoir se passer d'un sénateur le temps d'une session n'est pas une charge pour le groupe des Vert-e-s. En effet, au Conseil des Etats, on ne prend pas la parole au nom du groupe, mais en son nom propre. C'est une différence par rapport au National, où l'on s'exprime toujours au nom de sa couleur politique. Même si certains osent même parler au nom de leur canton...
En termes de charge de travail, percevez-vous déjà une différence?
C'est deux fois plus de travail qu'au National, où je n'avais que deux commissions. Désormais, je siège à la commission des affaires juridiques, à celle de la science, de l'éducation et de la culture, ainsi qu'à la commission de gestion. J'ai aussi deux suppléances. Les débats vont plus vite, car on est moins nombreux, mais la commission de gestion implique beaucoup de visites de services, qui sont très chronophages. En plus des sessions plénières, les commissions me prennent dix fois deux jours sur l'année.
Quelles sont les différences en termes de fonctionnement entre les deux Chambres de l'Assemblée fédérale?
Au National, il y a un responsable de dossier par groupe. Aux Etats, en commission, chacun travaille ses dossiers en fonction du temps qu'il a à disposition. Et il en résulte une fragmentation bien plus forte au sein des groupes. Le Centre est systématiquement divisé, et on voit que l'axe libéral conservateur n'est pas mort. Les majorités sont plus fluides.
Comment se passe le travail en plénum? Est-ce là aussi différent par rapport au National?
On tente souvent de faire porter certaines minorités par des personnalités plus consensuelles, au Centre notamment. Au National, en gros, soit vous êtes rapporteur pour la commission, soit vous portez les minorités et donc, vous pouvez parler. Sinon, vous ne parlez pratiquement que pour les initiatives populaires.
Au Conseil des Etats, vous pouvez prendre la parole s'il y a un intérêt cantonal ou politique. La règle tacite implique de ne pas répéter ce qui a déjà été dit, mais après tout le monde ne s'y tient pas!
Vous êtes à la fois romand et de gauche, ce qui signifie que vous êtes doublement minoritaire au sein du Conseil des Etats. Quelle est la stratégie du groupe des Vert-e-s pour exister malgré tout?
Les relations interpersonnelles sont primordiales. On tente bien plus de convaincre des personnes que de faire des arrangements entre partis. On l'a vu avec le vote du contre-projet sur l'imposition individuelle, qui a été accepté à 22 voix contre 21 (ndlr: lors des votations finales le 20 juin dernier). Là aussi, on a vraiment vu une scission entre les libéraux et les conservateurs.
En quoi votre passé au Conseil national influence-t-il le regard de vos collègues sur vous?
On se connaissait déjà, notamment via les commissions. On a souvent des rendez-vous entre les commissions dites sœurs du National et des Etats, pour étudier les chances de compromis. Sinon, vous arrivez avec déjà une bonne idée du fonctionnement de l'Assemblée fédérale, ça aide.