Deux ans de plusFillette de 3 ans tuée en Argovie: peine alourdie pour les parents
ATS
1.7.2025 - 19:41
La justice argovienne a alourdi de deux ans la peine d'un couple de parents qui ont tué, en 2020 à Hägglingen (AG), leur fillette de 3 ans, gravement handicapée. Le père et la mère trentenaires ont été reconnus coupables de meurtre et de tentative de meurtre. Ils écopent tous deux de dix ans de prison.
Face à la Cour, les parents ont déclaré qu'ils ont mis fin aux jours de leur fillette par amour, au vu du grave handicap cérébral et des douleurs de leur enfant, sans perspective de guérison (photo symbolique).
sda
Keystone-SDA
01.07.2025, 19:41
ATS
Dans son jugement en appel rendu mardi, la Cour suprême argovienne a confirmé les chefs d'accusation retenus contre le couple allemand en septembre dernier en première instance. Cependant, elle a fait passer la peine de réclusion des deux accusés trentenaires de 8 ans à 10 ans.
Grand-mère acquittée
Elle a aussi confirmé leur expulsion du territoire suisse durant 10 ans ainsi que l'acquittement de la grand-mère de la fillette de complicité d'assassinat, même s'il elle n'a pas empêché sa fille et son gendre de passer à l'acte. Le jugement peut encore faire l'objet d'un recours au Tribunal fédéral.
Comme en première instance, les juges cantonaux n'ont pas suivi le réquisitoire du procureur qui réclamait 18 ans de prison pour assassinat. Il n'a pas non plus donné raison à la défense qui demandait une peine limitée à trois ans de prison avec un sursis partiel pour meurtre passionnel.
Le 6 mai 2020 à Hägglingen (AG), les parents ont endormi leur fillette en lui administrant de l'ecstasy avant de l'asphyxier en lui bouchant les voies respiratoires, selon l'acte d'accusation. En octobre 2019, ils avaient déjà tenté de mettre fin à ses jours en ajoutant une surdose de somnifère dans le biberon de la petite, mais elle avait fini par se réveiller.
Décision illégitime des parents
La Cour suprême ne constate aucun assassinat dans ce crime, a déclaré son président lors de l'énoncé du jugement. L'acte meurtrier n'a pas été commis par égoïsme ni de manière particulièrement cruelle. Il n'appartient pas aux parents de décider, toutefois, si la vie de leur enfant est digne d'être vécue ou non, a-t-il rappelé toutefois.
Selon les juges, il ne peut pas non plus être question d'un crime passionnel dans ce cas. La détresse psychologique des parents était, certes, grande, mais elle ne constituait pas un état chronique. D'autres issues auraient été possibles, estime la Cour.
Ils l'ont fait «par amour» et le referaient
Concernant la peine infligée en deuxième instance, les juges n'ont pas accordé de responsabilité amoindrie, notamment en l'absence de regrets des parents accusés. Durant le procès en appel, la mère a même déclaré qu'elle commettrait à nouveau cet acte à l'identique.
Face à la Cour, les parents ont déclaré qu'ils ont mis fin aux jours de leur fillette par amour, au vu du grave handicap cérébral et des douleurs de leur enfant, sans perspective de guérison.