Genève veut plus d'arbres en ville

22.1.2020 - 17:34, ATS

Alors que les abattages d'arbres, comme ceux de la plaine de Plainpalais, font de plus en plus polémique à Genève, le Conseil d'Etat prend des mesures pour revaloriser les arbres en ville. Objectif: augmenter la surface de canopée du canton à 30% en 2050, contre 21% aujourd'hui (archives).
Source: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Alors que les abattages d'arbres font de plus en plus polémique à Genève, le Conseil d'Etat prend des mesures pour revaloriser les arbres en ville. Objectif: augmenter la surface de canopée du canton à 30% en 2050, contre 21% aujourd'hui.

Le gouvernement entend ainsi lutter contre les îlots de chaleur. «Genève va subir les affres du réchauffement climatique. Un degré de plus au niveau mondial correspond à une hausse de deux degrés sous nos latitudes», a souligné mercredi devant les médias le président du Conseil d'Etat Antonio Hodgers, en charge du Département du territoire (DT). Aujourd'hui, la canopée couvre 21% du canton.

En attendant la présentation de sa stratégie d'arborisation, encore en phase d'analyse, l'exécutif a modifié le règlement sur la conservation de la végétation arborée. Dès le 1er mars, la valeur financière des arbres, inchangée depuis 1974, passera à 3 centimes par cm2 de surface de tronc et à 4 centimes en 2021. «La nature doit coûter plus cher pour les promoteurs», a commenté le magistrat.

«Faire des choix»

L'intégralité des taxes de compensation sera reversée aux communes pour le financement de nouvelles plantations et leur entretien. Des moyens sont aussi destinés à la conservation des arbres majeurs. Dans les autorisations de construire, l'arbitrage sera désormais en faveur des arbres. Les abattages liés au confort du chantier seront moins tolérés.

Le canton va aussi faire l'inventaire des anciens plans localisés de quartier (PLQ), élaborés à un moment où la question de la nature en ville n'était pas aussi prégnante. Malgré la polémique, seuls 4% des 5'565 arbres abattus en 2019 l'ont été dans le cadre d'un PLQ. La grande majorité des abattages sont liés à des questions de sécurité car le réchauffement climatique accélère le dépérissement des arbres.

Pour Antonio Hodgers, l'enjeu est donc moins dans l'abattage que dans le plantage d'arbres. Et de prévenir: «Il faudra faire des choix dans l'espace urbain. La voiture est gourmande en espace.» La norme qui prévoit 9 m3 de terre en sous-sol va être revue à la hausse afin de permettre la croissance des arbres. Les architectes devront s'adapter.

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