Falsifier est un jeu d'enfant

Ils ont un vrai passeport, mais un faux test PCR 

La Rédaction de Blue News

7.7.2021

Falsifier un test PCR pour partir en voyage ne semble pas très compliqué. Afin d'économiser de l'argent ou d'épargner un moment désagréable à leurs narines, certains n'hésitent pas à user de faux tests négatifs.

La Rédaction de Blue News

7.7.2021

A Swiss border guard controls a passenger at the Swiss border crossing at the Geneve Aeroport as part of the new circulation arrangements put in place within the European Area to fight against the spread of coronavirus COVID-19, in Geneva, Switzerland, Monday, February 8, 2021. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)
Plusieurs voyageurs témoignent avoir passé la frontière sans encombre avec leur faux test PCR négatif. (image d'illustration)
KEYSTONE

Sammy* est étudiant et amoureux. Il prend régulièrement sa voiture pour rendre visite à sa petite amie qui réside en France voisine. Avec un budget serré d'étudiant, le coût des tests PCR -entre  130 et 160 francs- aurait rapidement pu devenir un obstacle. Mais en réalité, le jeune homme n'est passé à la caisse qu'une seule fois.

Sammy raconte: «À la base, je n'avais pas l'intention de falsifier de document. Je me suis fait tester et j'ai scanné le résultat au cas où je perdrais l'original. C'est là que j'ai découvert, tout à fait par hasard, que le lecteur de PDF d'Adobe reconnaissait la police de caractères et qu'il suffisait simplement de changer les dates.»

Voilà donc environ trois mois qu'il fait des allers-retours entre la Suisse et la France avec le même test négatif en poche, changeant les dates au gré de ses voyages. «Même la première fois, je n'ai pas vraiment été inquiet, confie-t-il encore. J'ai traversé la frontière à cinq ou six reprises depuis, et je n'ai jamais été contrôlé. En plus, étant donné que l'original n'a pas été vu, ça ne pose aucun souci.»

Phénomène répandu?

Le cas de Sammy est-il isolé ou d'autres ont-ils, comme lui, repéré la faille? Nos confrères du Blick.ch et du Nouvelliste ont chacun consacré récemment un article aux faux tests PCR négatifs, recueillant plusieurs témoignages. Ce qui laisserait supposer que la pratique n'est pas si rare.

Des documents falsifiés s'échangeraient sous le manteau pour une trentaine de francs, indique le Blick.ch, mentionnant également qu'il s'agit, selon l'Administration fédérale des douanes, de «cas individuels». Dans le Nouvelliste, l'un des témoins, qui a utilisé un faux test pour aller assister à un match de l'Euro en Italie, raconte qu'une connaissance lui «a simplement envoyé un document PDF ou Word, basé sur un véritable test mais permettant de modifier les noms et les dates facilement.»

Grosse économie, oui, mais grosse punition aussi

Pour rappel, le coût des tests PCR en Suisse n'est pris en charge par l'Etat que lorsque ces derniers s'inscrivent dans un cadre sanitaire. Soit: lorsqu'une personne présente des symptômes, lorsqu'elle a reçu une notification en ce sens de l'application SwissCovid, ou encore lorsqu'un service cantonal ou un médecin lui a donné l'instruction de se faire tester.

En ce qui concerne les voyages ou les loisirs, les tests sont à la charge de chacun. Dans le cas de Sammy, qui n'a pas de revenu, le subterfuge des dates modifiées représente ainsi une économie substantielle de quelque 300 francs par mois.

Mais si l'économie est la bienvenue sur le moment, gare à celui qui se fera pincer. En Suisse, falsifier des documents est passible d'une amende, parfois salée, et peut aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

*prénom d'emprunt