Revue de presseImages du chaos de Crans-Montana, pharma critiquée et diplomates en sous-vêtements
Valérie Passello
26.4.2026
Le visionnage par les familles des images du drame de Crans-Montana, le mandat donné par le Ministère public valaisan dans cette affaire à l'Institut médico-légal de Zurich et les incertitudes entourant l'avenir de la radio SRF2 font les titres de la presse dominicale.
Dès le 30 avril, les familles des 41 victimes de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana (VS) pourront visionner les images de vidéosurveillance du drame survenu la nuit du Nouvel-An.
KEYSTONE
Keystone-ATS
26.04.2026, 08:34
26.04.2026, 08:46
Valérie Passello
Voici les principales informations, non confirmées à Keystone-ATS:
Crans-Montana: les familles pourront visionner les images
Dès le 30 avril, les familles des 41 victimes de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana (VS) pourront visionner les images de vidéosurveillance du drame survenu la nuit du Nouvel-An. Face à la sensibilité extrême de ces scènes, la justice valaisanne a imposé des règles strictes, rapporte Le Matin Dimanche: visionnage en petits groupes, sans téléphone ni appareil d’enregistrement, seules des notes manuscrites étant autorisées.
Toute fuite serait vécue par les familles comme un traumatisme insupportable. Certaines familles refusent de voir ces images, comme elles avaient refusé de voir le corps de leur proche, tandis que d’autres estiment en avoir besoin pour avancer. Les vidéos montrent la propagation fulgurante du feu en moins de deux minutes, les tentatives de fuite et la panique générale.
Elles pourraient aussi éclairer les responsabilités et les consignes données lors de l’évacuation. Les proches espèrent obtenir des réponses sur ce qui a été fait - ou non - pour sauver les victimes. Dès lundi, ce sont les avocats des prévenus, puis ceux des familles des victimes, qui pourront visionner ces images.
Crans-Montana: expertise approfondie sur l'incendie
L’Institut médico-légal de Zurich doit remettre d’ici au 3 août un rapport sur l'incendie du Constellation, rapporte la SonntagsZeitung. Le Ministère public valaisan (MP) a confié à l'institut un mandat d’expertise approfondie sur l’incendie. Celui-ci devra déterminer ce qui s’est réellement passé lors du drame de Crans-Montana (VS).
Le journal dominical avance que la lassitude du MP face aux déclarations contradictoires du conseiller communal responsable de la sécurité, prévenu dans cette affaire, pourrait être à l'origine de la demande effectuée à l'organisme scientifique spécialisé dans les expertises judiciaires.
La pharma prendrait les membres de l'OFSP «pour des idiots»
Un cadre de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) accuse l’industrie pharmaceutique de «menaces», «alarmisme» et «manque de transparence». Ces propos ont été tenus par Jörg Indermitte, chef de la division Médicaments de l’assurance-maladie, lors d’un colloque spécialisé début avril, rapporte la NZZ am Sonntag.
De nombreux représentants du secteur pharmaceutique étaient présents. Au sujet des prix demandés pour les médicaments, il aurait écrit dans sa présentation: «voulez-vous nous prendre pour des idiots ?». L’OFSP a regretté que cette intervention ait été perçue en partie comme «trop conflictuelle». Il a souligné qu’un dialogue constructif restait important pour l’institution.
Contrôles «excessifs» dans les prisons suisses ?
Plusieurs États membres de l’Union européenne auraient dénoncé des contrôles de sécurité jugés excessifs dans les établissements pénitentiaires suisses. Dans un cas, une diplomate a même été contrainte de se déshabiller jusqu’à ses sous-vêtements, rapporte le SonntagsBlick.
Lors de visites de détenus ressortissants de pays de l’UE, les diplomates doivent d’abord eux-mêmes passer par des contrôles de sécurité. Les règles varient toutefois d’un canton à l’autre, selon le journal. Face à ces critiques, une réunion de clarification serait prévue le 29 avril entre le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et des représentants de l’Union européenne.
Le glas sonnera-t-il pour SRF 2 ?
La chaîne culturelle radio SRF 2 est menacée de disparition, selon les informations du SonntagsBlick. Le média a enregistré au premier trimestre de cette année une baisse de 28% des heures d’écoute quotidiennes, soit la plus forte perte parmi toutes les chaînes de la SSR, rapporte le journal. En interne, plusieurs options sont à l’étude, dont celle d’une chaîne culturelle nationale unique, potentiellement diffusée dans toute la Suisse, avec des créneaux régionaux en allemand, français et italien.
La SSR reconnaît que radio SRF2 a perdu des auditeurs ces dernières années et affirme travailler à adapter son offre aux nouveaux usages d’écoute. Toutefois, aucune décision concrète n’a encore été prise. Le journal n'a pas évoqué le cas particulier de la radio romande Espace 2.
Leadership dans l'armée: les cordonniers sont les plus mal chaussés
Le commandement de la formation au leadership et à la communication de l’armée suisse serait lui-même confronté à des problèmes de leadership et de communication. Un rapport d’expertise externe aurait dressé un bilan négatif sur l’ancien commandant, indique la NZZ am Sonntag. Celui-ci aurait notamment demandé à plusieurs reprises à des collaborateurs de servir le café. Il aurait également engagé, sans contrat, la fille mineure d’un ami allemand pour un stage d’une semaine.
Au sein du commandement, la règle implicite qui a prévalu est que «tout ce qui n’est pas interdit est autorisé». Les experts ont qualifié cet argument de «quelque peu insuffisant», selon le journal. Pour sa part, la communication de l’armée a refusé de commenter les accusations individuelles pour des raisons de protection de la personnalité. Le commandant concerné travaille depuis le début de l’année dans une autre unité.
Avoirs iraniens gelés
La Suisse a gelé des avoirs iraniens d’un montant de 13,5 millions de francs selon le Secrétariat d'Etat à l'Economie (SECO). Comparé à d’autres pays faisant l’objet de sanctions, ce montant n’est pas particulièrement élevé, écrit la NZZ am Sonntag. Selon Mark Pieth, professeur émérite de droit pénal, l’ordonnance relative aux sanctions contre l’Iran est nettement moins étendue que celle visant la Russie.
La liste des sanctions ne comprendrait par exemple pas le nouveau dirigeant iranien Mojtaba Khamenei. Le SECO a rappelé que la Suisse n’impose pas de sanctions autonomes. Il a expliqué le montant relativement modeste des avoirs gelés par les sanctions internationales en vigueur depuis de nombreuses années, qui ont fortement réduit les liens financiers avec l’Iran.
Composants suisses retrouvés dans des armes russes
Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) a, dans le cadre de composants suisses retrouvés dans des armes russes, déchargé les entreprises helvétiques de toute responsabilité directe. D’après une analyse du SECO citée par la SonntagsZeitung, les éléments concernés liés à la Suisse sont des «produits de masse», utilisés à des fins civiles et industrielles. Ces biens ne sont par ailleurs pas fabriqués en Suisse.
Malgré cela, ces composants restent soumis aux sanctions contre la Russie. Le SECO rappelle que l’exportation depuis la Suisse - y compris indirecte - vers la Russie est interdite. Les entreprises suisses sont donc tenues d’imposer contractuellement à leurs partenaires dans des pays tiers une interdiction de réexportation vers la Russie.