MonnaieL'argent liquide doit être garanti en Suisse, estime un comité
ATS
6.1.2026 - 10:37
La population suisse doit pouvoir continuer à payer avec des billets et des pièces. Les partisans de l'initiative «l'argent liquide, c'est la liberté», dont des élus fédéraux UDC, ont lancé leur campagne mardi, en vue de la votation du 8 mars. Ils estiment que le contre-projet direct prévu ne va pas assez loin.
L'initiative populaire "l'argent liquide, c'est la liberté" veut garantir le maintien de l'argent liquide en Suisse (image d'illustration).
ATS
Keystone-SDA
06.01.2026, 10:37
06.01.2026, 14:03
ATS
L'initiative populaire «Oui à une monnaie suisse libre et indépendante sous forme de pièces ou de billets (l'argent liquide, c'est la liberté)», lancée par le Mouvement Liberté Suisse, veut garantir le maintien de l'argent liquide en Suisse. De plus, tout projet de remplacement du franc suisse par une autre monnaie doit être soumis au vote du peuple et des cantons.
Le Conseil fédéral a élaboré un contre-projet direct, approuvé par le Parlement. Il est prévu d'inscrire dans la Constitution la garantie de l'approvisionnement en numéraire et l'utilisation du franc en tant que monnaie nationale.
Contre-projet trop vague
Le comité d'initiative a toutefois maintenu son texte. Le contre-projet est trop vague, a critiqué Richard Koller, à l'origine de l'initiative, lors d'une conférence de presse à Berne. Au contraire, de la clarté et de la transparence sont nécessaires, selon lui.
Le Conseil fédéral parle d'"argent liquide", mais sans faire référence à la nature physique de cet argent liquide, à savoir les billets de banque et les pièces de monnaie, a expliqué M. Koller. Cela pourrait donc ouvrir la porte à l'avenir à de l'argent liquide qui ne serait pas physique.
Le contre-projet stipule que la Banque nationale suisse (BNS) assure l'approvisionnement en argent liquide. Mais, a ajouté M. Koller, cela ne garantit pas que les autres banques assurent à la population un accès aux billets et aux pièces, par exemple via l'entretien d'un réseau de succursales et de distributeurs automatiques. Il a encore demandé que la Confédération assume «une responsabilité démocratique» en la matière, sans la transférer à la BNS.
«Personne ne doit être exclu»
Les billets et les pièces doivent être garantis au quotidien, juridiquement, politiquement et dans la pratique, a soutenu le conseiller national Roland Büchel (UDC/SG). Il a déploré le fait que les possibilités de paiement physique soient de plus en plus limitées: dans les transports publics, pour des prestations administratives publiques, dans les marchés de Noël ou encore dans les toilettes payantes.
Il est question d'approvisionnement de base, a continué M. Büchel. «Personne ne doit être exclu» en raison du développement technologique. Son homologue Paolo Pamini (UDC/TI) ne s'est pas opposé à un tel développement, mais cela ne doit pas être le seul système disponible.
Roland Büchel a encore qualifié l'utilisation des billets et des pièces de «robuste» et «essentielle». En temps de crise économique ou s'il y a une panne technique, l'argent liquide a toute son importance, a abondé Richard Koller. Les billets et les pièces sont disponibles immédiatement, en tout temps et là où il n'y a pas de réseau.
Le conseiller national Nicolas Kolly (UDC/FR) a lui refusé des moyens de paiement numériques «techniquement complexes, opérés par des privés et proposés sans alternative». Et de citer la Norvège et la Suède, qui sont revenues en arrière après avoir prôné les paiements numériques.
Frais de transaction
Le conseiller national Andreas Gafner (UDF/BE) a pour sa part rappelé les frais de transaction qui accompagnent les paiements numériques. Ces frais paraissent insignifiants, mais cela peut faire la différence pour les petits commerces, a-t-il avancé, pensant notamment aux PME et aux exploitations agricoles.
De son côté, son homologue Vroni Thalmann-Bieri (UDC/LU) a rappelé les avantages pédagogiques de l'argent liquide, qui est tangible. Les jeunes apprennent la valeur de l'argent avec les billets et les pièces. Ils reçoivent de l'argent de poche et apprennent à établir un budget, a développé la Lucernoise.
Liberté, sécurité, confiance de la population, respect de l'Etat de droit, garantie de la démocratie, responsabilité ou fiabilité: les partisans ont encore lancé divers principes pour défendre l'argent liquide.
Les votantes et votants se prononceront sur l'initiative et sur le contre-projet. Ils pourront ensuite indiquer, en réponse à la question subsidiaire, le projet auquel ils donneraient la préférence si les deux sont acceptés par le peuple et les cantons. Une première depuis 2010 au niveau fédéral.