Economie L’Europe veut réformer le chômage des frontaliers et ça pourrait coûter cher à la Suisse

ATS

23.4.2026 - 18:11

Les législateurs européens se sont mis d'accord sur une réforme de l'assurance chômage pour les travailleurs frontaliers. Celle-ci pourrait entraîner des coûts supplémentaires pour la Suisse, mais une décision définitive n'a pas encore été prise à Bruxelles.

Il n'est pas possible de faire une estimation plausible de ces surcoûts tant que les travaux à Bruxelles ne sont pas terminés, a déclaré le porte-parole du Seco.
Il n'est pas possible de faire une estimation plausible de ces surcoûts tant que les travaux à Bruxelles ne sont pas terminés, a déclaré le porte-parole du Seco.
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Keystone-SDA

Lorsque les frontaliers perdent leur emploi, ils perçoivent actuellement des allocations de chômage de la part de leur Etat de résidence. A l'avenir, ils pourraient percevoir ces prestations de l'Etat dans lequel ils ont exercé leur dernier emploi. Les Etats membres de l'UE et le Parlement européen ont annoncé s'être mis d'accord mercredi à Bruxelles sur une révision du règlement en ce sens.

Ce règlement fait partie de l'accord sur la libre circulation des personnes conclu entre la Suisse et l'UE, a précisé un porte-parole du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) à Keystone-ATS. En cas d'adoption formelle, Bruxelles devrait présenter la révision au comité mixte compétent. Une reprise ne pourrait avoir lieu qu'"avec l'accord explicite de la Suisse», a ajouté le porte-parole.

Plus de 400'000 frontaliers

La Suisse compte un nombre élevé de frontaliers par rapport au reste de l'Europe. Au quatrième trimestre 2025, 411'450 personnes résidant à l'étranger exerçaient une activité professionnelle en Suisse, selon les chiffres de la Confédération.

Les frontaliers versent des cotisations à l'assurance-chômage suisse. Cependant, comme c'est le pays de résidence qui verse les prestations de chômage en cas de perte d'emploi, la Suisse accorde une compensation à ses voisins. L'année dernière, les remboursements à la France, à l'Allemagne, à l'Autriche et à l'Italie se sont élevés à un total de 283,3 millions de francs, a indiqué le Seco.

Possibles coûts supplémentaires

La Suisse rembourse ces fonds afin de compenser les prestations versées par le pays de résidence pendant trois mois. Dans des cas exceptionnels, une indemnisation couvrant les prestations pendant cinq mois s'applique, a ajouté le porte-parole. La durée de l'emploi en Suisse est déterminante. Avec la nouvelle réglementation de l'UE, les personnes ayant perdu leur emploi auraient droit à des prestations pendant au moins six mois, a précisé le Conseil de l'UE.

Il n'est pas encore clair si cette modification va entraîner des coûts supplémentaires pour la Suisse. Il n'est pas possible de faire une estimation plausible de ces surcoûts tant que les travaux à Bruxelles ne sont pas terminés, a déclaré le porte-parole du Seco.

A Bruxelles, les Etats membres doivent encore approuver cette révision dans le cadre du Conseil de l'UE. Le Parlement européen doit également donner son aval.