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Le conseiller fédéral Albert Rösti doit écouter les 99 votes du Conseil national.
KEYSTONE
Nucléaire: oui ou non? Le grand débat débute aujourd'hui au Conseil national et s'annonce extrêmement serré.
À première vue, les parlementaires fédéraux ont une journée de travail plutôt confortable. Après les séances de commission de la matinée et de midi, les débats sérieux commenceront à 14h30 au Conseil national. La séance est prévue jusqu'à 21h45. À l'ordre du jour figure notamment l'initiative populaire «De l'électricité pour tous en tout temps (stop au blackout)» ainsi qu'un contre-projet indirect.
Au cœur du débat se trouve une question simple: la Suisse doit-elle lever l'interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires, en vigueur depuis l'adoption de la Stratégie énergétique 2050?
L'initiative formule sa demande de manière indirecte. Elle exige que la Confédération garantisse en tout temps un approvisionnement suffisant en électricité et autorise toutes les technologies respectueuses du climat. Entre les lignes, le message est clair: l'énergie nucléaire fait partie des modes de production d'électricité visés.
En cas d'acceptation, l'interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires tomberait. Celle-ci est en vigueur depuis 2018, à la suite de la catastrophe de Fukushima, et avait été confirmée par le peuple lors de l'adoption de la Stratégie énergétique 2050.
Le Conseil national s'apprête ainsi à vivre un véritable marathon oratoire. Pas moins de 99 élus se sont inscrits sur la liste des intervenants. Sans constituer un record, ce chiffre est suffisamment élevé pour prolonger les débats jusqu'à mardi. Une personne devra écouter l'ensemble des interventions: le conseiller fédéral et ministre de l'Énergie Albert Rösti, récemment opéré.
Albert Rösti est généralement considéré comme favorable au nucléaire, même s'il évite de l'affirmer ouvertement dans ses interviews. Sous la houlette de Rösti, le Conseil fédéral propose un contre-projet qui vise à supprimer de la loi sur l'énergie nucléaire l'interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires.
Les partisans du nucléaire avancent principalement un argument: la sécurité de l'approvisionnement. Selon eux, les besoins en électricité vont fortement augmenter en raison de l'électrification de l'économie, des pompes à chaleur, de la mobilité électrique, de l'industrie, de la numérisation, de l'intelligence artificielle et des centres de données. Dans le même temps, les centrales nucléaires actuelles arriveront tôt ou tard en fin de vie.
Lors des débats au Conseil des États, plusieurs défenseurs du projet ont souligné qu'il ne s'agissait pas aujourd'hui de décider la construction d'une centrale nucléaire précise, mais simplement de préserver cette option pour l'avenir.
Les opposants rétorquent que la Suisse a déjà opté démocratiquement pour les énergies renouvelables avec la Stratégie énergétique 2050 et la loi sur l'électricité. Selon eux, rouvrir le débat sur le nucléaire envoie un mauvais signal, crée de l'incertitude pour les investisseurs et risque de freiner le développement du solaire, de l'éolien et de l'hydraulique.
Ils soulignent également que de nouvelles centrales nucléaires arriveraient bien trop tard pour répondre aux défis des dix à quinze prochaines années. Elles seraient coûteuses, difficilement finançables sans garanties publiques et la question du stockage des déchets resterait entière. De nouvelles dépendances vis-à-vis de l'étranger apparaîtraient en outre, tant pour l'approvisionnement en uranium que pour la technologie.
Le vote s'annonce serré. En commission, le contre-projet indirect n'a été accepté que par 13 voix contre 12. En revanche, la recommandation de rejet de l'initiative populaire semble acquise, après un premier vote de commission remporté par 15 voix contre 9.
«Jederzeit Strom für alle (Blackout stoppen)»
Die Bundesverfassung1 wird wie folgt geändert:
6 Die Stromversorgung muss jederzeit sichergestellt sein. Der Bund legt dafür die Verantwortlichkeiten fest.
7 Die Stromproduktion hat umwelt- und klimaschonend zu erfolgen. Alle klimaschonenden Arten der Stromerzeugung sind zulässig.
1 SR 101