"Climat de défiance"

La nouvelle directive de Frédéric Favre reste «restrictive»

zd, ats

20.7.2021 - 16:15

Le conseiller d'Etat valaisan Frédéric Favre a corrigé sa directive sur les relations avec les médias, jugée contraire à la liberté de la presse. Pour les organes de défense de la presse, la nouvelle mouture reste «restrictive» et instaure un «climat de défiance».

«Je suis très content. Les électeurs ont salué le travail effectué durant cette législature», relève le PLR Frédéric Favre.
Le conseiller d'Etat valaisan Frédéric Favre a corrigé sa directive sur les relations avec les médias, jugée contraire à la liberté de la presse.
KEYSTONE/OLIVIER MAIRE

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20.7.2021 - 16:15

Signée le 13 juillet, la première version de cette directive interne rendue publique par la télévision régionale Kanal9 vendredi a suscité la polémique dans le canton. Face aux réactions, Frédéric Favre a promis dans la foulée qu'il corrigerait le document de cinq points réglant les questions ou demandes d'interviews des journalistes aux services cantonaux du département de la sécurité, des institutions et du sport. Ce qu'il a fait lundi.

Pour la secrétaire centrale du syndicat des journalistes Impressum Dominique Diserens, les changements effectués par le conseiller d'Etat sont «formels». La nouvelle directive reste «restrictive» et «problématique au regard de la pratique du Conseil suisse de la presse», affirme-t-elle mardi à Keystone-ATS.

Elle complique par ailleurs «le travail tant du journaliste que du fonctionnaire» puisque tout devra passer par la communicante du département, relève la présidente de l'Association de la presse valaisanne (APVs) Christine Savioz. Celle-ci s'inquiète également du «ton» du document qui «instaure un climat de méfiance envers les journalistes» et alimente la défiance déjà très présente sur les réseaux sociaux envers ce corps de métier.

Pas de relecture intégrale

L'élément qui a le plus dérangé concerne les articles sur des «sujets sensibles»: les journalistes étaient priés de transmettre leur article en entier à l'Etat avant publication. Une pratique contraire à la liberté de la presse, garantie par la Constitution fédérale et «incompatible» avec la pratique du Conseil suisse de la presse, selon laquelle seules les citations de la personne interrogée doivent lui être soumise, avait rappelé Impressum.

Dans la nouvelle version, Frédéric Favre renonce à cet aspect. Dans le cas «d'un sujet complexe», une relecture facultative est proposée «afin de relever toute erreur factuelle ou incompréhension», est-il toutefois indiqué. Ce retour en arrière «est un soulagement», relève néanmoins Christine Savioz. Autre point ajusté: les journalistes ne doivent plus transmettre systématiquement leurs questions par écrit, mais le faire «si possible».

Vers la création d'une chartre?

L'APVs indique réfléchir à proposer au conseiller d'Etat une rencontre afin de discuter plus en détail de ce document. Une idée «très constructive» que soutient le préposé à la protection des données et à la transparence Sébastian Fanti, qui dit être à disposition si besoin puisqu'il est à même «d'arbitrer les litiges en matière de transparence».

«Une rencontre entre les médias et le Conseil d'Etat permettrait d'édicter une chartre qui serait équilibrée et acceptable, pour les deux parties en application de la loi actuelle sur le sujet».

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