«Avancée décisive»La politique suisse salue des élections démocratiques, l'UDC déçue
ATS
13.4.2026 - 19:22
Les parlementaires suisses saluent des élections démocratiques au lendemain de la victoire de Peter Magyar contre Viktor Orban en Hongrie. Ils y voient la fin de l'obstructionnisme face à l'UE. Seule l'UDC se dit déçue.
Viktor Orban lors d'une rencontre avec Alain Berset (archives).
sda
Keystone-SDA
13.04.2026, 19:22
ATS
«Je salue et me félicite de la force de la démocratie hongroise», a déclaré Laurent Wehrli (PLR/VD) à Keystone-ATS lundi. Le conseiller national salue y compris la réaction du Premier ministre sortant Viktor Orban. Il a accepté officiellement sa défaite alors que certains craignaient un putsch.
Les élections hongroises étaient décisives vis-à-vis de l'Union européenne, qui souffrait des nombreux blocages du gouvernement Orban. La population a très clairement voté en faveur de l'UE, a commenté M. Wehrli.
«Le gouvernement était de plus en plus anti-européen tout en profitant de l'Europe», a commenté Laurence Fehlmann-Rielle (PS/GE), très réjouie de la défaite de M. Orban. Peter Magyar est, certes, conservateur, mais on peut s'attendre à ce qu'il soit loyal vis-à-vis de l'UE et lutte contre la corruption, a-t-elle ajouté.
«L'élection de M. Magyar est une avancée décisive pour l'ensemble du continent. Elle contredit les voix qui dépeignent une Europe en manque de cohésion», a abondé Elisabeth Schneider-Schneiter (Centre/BL). Pour la Suisse, qui est confrontée à d’importants défis pour sa sécurité, la coopération avec une Europe stable est décisive, a-t-elle ajouté.
Seule l'UDC est déçue. «J'aurais préféré que Viktor Orban reste au pouvoir. Il aurait été un bon contrepoids au reste de l'Europe», a réagi Martin Haab (UDC/ZH). Le conseiller national pense notamment à la politique migratoire stricte du Premier ministre sortant.
La victoire de Peter Magyar met fin à 16 ans de pouvoir de l'extrême droite. «Cette rupture importante montre que tout n'est pas aussi linéaire que certains le prétendent», a réagi René Schwok.
«La Hongrie ne fera plus d'obstructionnisme face à l'UE», a ajouté l'ancien professeur d'études européennes à l'Université de Genève. Le prêt de 90 milliards de l'UE pour l'Ukraine auquel Viktor Orban s'était opposé sera «très vraisemblablement» débloqué.
Budapest devrait aussi également avoir accès aux 17 milliards de l'UE, un fonds gelé dans un contexte de tension avec le gouvernement Orban.
Il ne faut en revanche pas s'attendre à ce que la Hongrie participe activement aux actions de l'UE en Ukraine. Le pays tâchera de se faire oublier, présage M. Schwok, qui se demande si la dérive antidémocratique observée ces dernières années n'aurait pas été bien plus profonde si la Hongrie n'était pas aussi dépendante de l'UE.