Neuchâtel

La résolution pour un accueil de réfugiés ne passe pas la rampe

js, ats

1.9.2021 - 10:22

Une résolution de la gauche du Grand Conseil neuchâtelois, qui demandait au Conseil fédéral d'accorder avec effet immédiat un statut de protection à tous les Afghans en Suisse et de tout mettre en oeuvre pour secourir les familles de ces personnes, n'a pas atteint la majorité qualifiée. La droite s'y est opposée.

js, ats

1.9.2021 - 10:22

Si le Conseil d'Etat ne prend pas position sur la résolution, Florence Nater déclare néanmoins: «Nous partageons vos inquiétudes pour la population civile, et particulièrement pour les femmes. La communauté afghane établie dans le canton est en grande souffrance»
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«Nous devons montrer notre soutien au peuple afghan, en prenant des mesures rapides», a déclaré la socialiste Garance La Fata. «Nous avons les moyens d'accueillir beaucoup plus de réfugiés que les 230 annoncés par la Confédération», a-t-elle ajouté.

La résolution demandait de prendre sans attendre les mesures nécessaires pour accueillir davantage de personnes vulnérables – en particulier des femmes et des enfants – en acceptant un quota international de réfugiés afghans pour la Suisse et d'augmenter de manière extraordinaire l'aide humanitaire suisse en Afghanistan et dans les pays voisins.

Florence Nater a expliqué que le Conseil d'Etat ne prendra pas formellement position sur la résolution car elle est adressée à la Confédération. «Nous partageons toutefois vos inquiétudes pour la population civile, et particulièrement pour les femmes. La communauté afghane établie dans le canton est en grande souffrance», a ajouté la conseillère d'Etat.

Tradition humaniste

L'UDC et le PLR étaient opposés à la résolution. «La situation est grave», mais la résolution arrive trop tard, car la Suisse a terminé ses rapatriements, a déclaré l'UDC Daniel Berger. Selon lui, «la Suisse ne peut de toute façon pas résoudre toute seule cette situation».

Pour le PLR Fabio Bongiovanni, si cette crise est «inquiétante», les députés neuchâtelois «n'ont pas à interférer dans la politique internationale et fédérale. C'est au Conseil fédéral et au Parlement d'intervenir sur cette question».

Pour le socialiste Hugo Clémence, cet argumentaire ne tient pas. «On a un devoir de représenter une tradition humaniste d'un canton ouvert». Pour la popiste Sarah Blum, «notre parlement représente aussi les Afghans établis dans le canton».

Au final, la résolution n'a pas obtenu la majorité des deux tiers des 100 députés du Grand Conseil. Le nombre de oui s'est monté à 56, alors qu'il en fallait 67 pour que le texte soit adopté.

js, ats