Nouvelle charrette La SSR prévoit de couper 900 postes d’ici 2029

ATS

24.11.2025 - 11:49

La SSR doit économiser 270 millions de francs d’ici 2029, conséquence de la baisse de la redevance et du recul des revenus commerciaux. Dans ce cadre, l’entreprise enclenche sa transformation et prévoit la suppression de 900 postes, sous réserve de consultation.

La SSR veut économiser 270 millions de francs d’ici 2029 et couper jusqu'à 900 postes.
La SSR veut économiser 270 millions de francs d’ici 2029 et couper jusqu'à 900 postes.
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Keystone-SDA

La SSR entre dans une phase de restructuration profonde pour faire face aux bouleversements du marché des médias et à la réduction progressive de la redevance, écrit l'entreprise de médias lundi dans un communiqué. Elle annonce un plan d'économies de 270 millions de francs d'ici 2029, soit environ 17% de son budget de 2024, dont une première tranche de 125 millions devra être atteinte avant 2027.

La mesure la plus lourde porte sur l'emploi: jusqu'à 900 équivalents plein temps pourraient disparaître. Environ 300 entrent dans le programme d'économies déjà en cours. Les 600 autres suppressions se feront progressivement, en tenant compte des départs naturels, mais des licenciements restent «inévitables». La consultation en cours jusqu'au 14 décembre et le plan social doivent en encadrer les modalités.

Médias et syndicats atterrés

L'Alliance pour la diversité des médias dénonce la décision «dramatique» de la SSR de supprimer tous ces emplois. Elle y voit «la conséquence de pressions politiques», qui conduisent selon elle à «un affaiblissement de la radiodiffusion publique».

Syndicom ne cache pas son inquiétude. «Les suppressions d'emplois à la SSR sont massives et dévastatrices. Elles sont le résultat de l'attaque de l'UDC, qui a lancé l'initiative ‹200 francs, ça suffit !› contre la SSR. Si cette initiative était acceptée le 8 mars prochain, des centaines, voire des milliers d'emplois supplémentaires risquent à nouveau de disparaître à la SSR, mais aussi dans les stations de radio et de télévision privées», estime le syndicat.

Pour sa part, le syndicat suisse des médias (SSM) estime aussi que cette suppression d'emploi est «la conséquence directe de décisions politiques». Il estime qu'une telle réduction «affaiblit la diversité des médias et la couverture journalistique de base dans toutes les régions». Pour le SSM, il est désormais important d'agir maintenant dans l'intérêt du personnel, dans le cadre du plan social, pour les personnes qui doivent partir et pour ceux qui restent.

Le Groupe auteurs réalisateurs producteurs (GARP) juge qu'il est «impossible d'imaginer» que de telles coupes n'affectent pas le contenu des programmes et le cinéma suisse dans son financement. Ils pointent aussi les conséquences sociales de ces économies car de nombreux artistes et techniciens du cinéma étaient, jusqu’ici, également employés au cachet par les antennes régionales de la SRG-SSR.

Regrets de Susanne Wille

«Nous regrettons ces suppressions. Mais les décisions politiques et le contexte dans lequel évolue notre entreprise ne nous laissent pas d'autre choix, souligne la directrice générale de la SSR Susanne Wille. Si la SSR veut rester forte, elle doit se transformer maintenant».

Interrogée par Keystone-ATS sur les changements concrets pour les téléspectateurs, notamment sur la possibilité de devoir payer pour certains contenus comme le sport ou une augmentation de la publicité, Susanne Wille a assuré que la SSR souhaitait maintenir une offre sportive gratuite. Elle a toutefois reconnu qu’un impact sur les programmes était inévitable.

La directrice a également comparé la situation actuelle à celle qui serait engendrée par l'initiative «200 francs, ça suffit !», sur laquelle les Suisses devront voter le 8 mars prochain.

Service public menacé par l'initiative

Cette dernière remettrait en cause le modèle de service public de la SSR. "C’est là toute la différence: cette initiative mettrait fin au modèle de service public des médias tel que nous le connaissons aujourd’hui, en réduisant de moitié le budget de la SSR, ce qui affaiblirait considérablement le paysage médiatique en Suisse.

La coupe de 270 millions de francs annoncée lundi découle notamment de la décision du Conseil fédéral d'abaisser la redevance des ménages de 335 à 300 francs par an et d'exempter davantage d'entreprises de son paiement. Cette mesure entraîne un manque à gagner de 120 millions de francs.

A cela s'ajoute le recul des recettes commerciales à hauteur de 90 millons de francs. Sans oublier l'augmentation des coûts d'exploitation de 60 millions découlant du renchérissement.

Swissinfo disparaît de la direction

Dès le printemps prochain, la direction de la SSR sera réduite, passant huit à sept membres tandis que Swiss TXT sera intégrée à l'organisation. La branche Swissinfo, dont la plateforme s’adresse principalement aux Suisses de l’étranger et au public étranger intéressé par la Suisse, ne fera plus partie de la direction, selon le nouvel organigramme.

Par contre les directions des quatre régions linguistiques de la SRF, la RTS, la RSI et la RTR ont été confirmées dans leur fonction «pour assurer la stabilité durant la transition».

La SSR restructure encore deux départements de la direction. La nouvelle direction « Offre» regroupera les secteurs Offre (Sport et Fiction) et Distribution. La direction «Opérations » inclura désormais Technologie et Production.

Régions touchées

Les postes des deux nouvelles directions seront mis au concours, ainsi que celui de la chaîne alémanique SRF, après la démission de Nathalie Wappler fin avril. Mme Wappler a travaillé plus de 20 ans à la SRF et à la SSR.

La directrice de Swissinfo et le directeur des «Opérations» resteront en place jusqu’à fin mars 2026. Leurs titulaires participeront activement à la transition entre l’ancienne et la nouvelle structure à partir d’avril, a précisé la SSR à Keystone-ATS.

La composition des équipes de direction régionales devrait être finalisée d’ici mi-2026. Enfin, les secteurs des ressources humaines et des finances seront gérés à partir de janvier 2026 de manière unifiée à l'échelle du groupe SSR.