La Suisse doit mieux promouvoir son image à l'étranger

ro, ats

18.12.2020 - 15:52

Une "House of Switzerland" prendra ses quartiers au coeur de Stuttgart l'année prochaine (archives).
ATS

La Suisse doit mieux promouvoir son image à l'étranger pour préserver au mieux ses intérêts. Face aux conséquences du Covid-19, elle doit en particulier renforcer la visibilité de son économie au moyen de plateformes de communication et de réseautage appropriée.

Le Conseil fédéral a approuvé vendredi la stratégie de communication internationale 2021-2024. La communication internationale s'articulera autour de cinq axes qui s'inscrivent dans les priorités thématiques de la stratégie de politique extérieure: innovation, économie, relations Suisse-Europe, place financière suisse et durabilité.

Une bonne image de la Suisse est un facteur de succès pour l'industrie d'exportation et les places de travail, a souligné le conseiller fédéral Ignazio Cassis devant la presse. Une étude de l'université de St-Gall a montré que les produits estampillés «swiss made» se vendent 20% mieux, ce qui rapporte des milliards de francs à la Confédération.

Mais une bonne image sert aussi les activités «traditionnelles» de la diplomatie helvétique, telles que les bons offices, la promotion de la paix ou la Genève internationale. C'est une situation de «gagnant-gagnant», a estimé le ministre des affaires étrangères.

Des campagnes de communication seront menées afin que la Suisse gagne en visibilité dans les différents domaines ciblés et soit davantage perçue comme un pays innovant, compétitif, solidaire, responsable et attractif.

Au coeur de Stuttgart

Au-delà des événements traditionnels, tels que les Jeux olympiques ou le Forum économique mondial, la Suisse entend être présente avec une «House of Switzerland» dans les pays voisins, soit en France, en Allemagne et en Italie, a déclaré M. Cassis.

Cela commencera l'année prochaine avec l'implantation d'une maison suisse durant quatre mois au coeur de Stuttgart. Elle y proposera une plateforme de communication et de réseautage gérée conjointement avec des partenaires issus du monde de l'économie, de la science, de la politique et de la culture. L'objectif est de positionner la Suisse en tant que partenaire fiable, innovant et durable.

Cette stratégie sera accompagnée d'un budget d'environ huit millions de francs pour l'organisation d'événements et de sept millions pour les activités de monitorage et d'analyse, a précisé M. Cassis.

Directives pour le sponsoring

Elle s'accompagne de nouvelles directives pour le sponsoring du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). «Elles pourront servir de source d'inspiration pour les autres départements», a déclaré Ignazio Cassis.

Le DFAE s'engage à être transparent, en citant tous les partenariats de sponsoring dans lesquels il est engagé. Les partenaires concernés devront aussi contribuer au gain d'image de la Suisse. En fonction de ces principes, le DFAE décidera au cas par cas et selon la situation de s'engager ou non dans un partenariat, en suivant un devoir de diligence.

Le ministre des affaires étrangères a précisé que, lors de l'examen des partenariats, il sera nécessaire de clarifier si les entreprises respectent la protection des travailleurs et de leur santé. Celles-ci devront aussi être «responsables», ne pas porter atteinte à l'environnement et aux droits humains et ne pas être liées à la corruption.

Polémique autour de Philipp Morris

«C'est la seule manière de maintenir des standards élevés», a dit M. Cassis. Il a indiqué que pas tous les commerces légaux ne permettent de donner une bonne image de la Suisse. C'est le cas du cigarettier Philip Morris qui ne remplit plus les conditions. «Tout ce qui concerne le tabac ne permet plus un gain d'image», a-t-il dit.

Un partenariat entre le DFAE et le cigarettier avait été envisagé en vue de l'Expo2020 de Dubaï, provoquant une polémique. Ignazio Cassis y avait finalement renoncé en juillet 2019.

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