Assemblée des délégués «La Suisse prend une direction désastreuse», estime le chef de l'UDC

ATS

28.3.2026 - 12:24

«Les villages disparaissent, les petites maisons familiales sont sacrifiées. A leur place, on érige des tours d’habitation», a dénoncé samedi le président de l'UDC Marcel Dettling en ouverture de l'assemblée des délégués du parti à Maienfeld (GR). Il s'agit de mettre le holà à cette évolution «désastreuse».

Marcel Dettling, président du parti et conseiller national, prend la parole lors de l'assemblée des délégués de l'UDC Suisse, le samedi 28 mars 2026, à Maienfeld. (KEYSTONE/Gian Ehrenzeller)
Marcel Dettling, président du parti et conseiller national, prend la parole lors de l'assemblée des délégués de l'UDC Suisse, le samedi 28 mars 2026, à Maienfeld. (KEYSTONE/Gian Ehrenzeller)
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Keystone-SDA

Le conseiller national schwyzois a multiplié les exemples pour signifier l'importance à ses yeux d'accepter le 14 juin l'initiative de l'UDC visant à limiter la population ("Pas de Suisse à 10 millions», initiative pour la durabilité). Il a mis en avant les enjeux territoriaux, économiques et sécuritaires du pays.

Il a dit s'adresser aux délégués également en tant qu'agriculteur et père de trois enfants: «Chaque seconde, un mètre carré de surface agricole disparaît. Nous voulons préserver un peu de notre patrie. Nous voulons préserver notre culture. Nous voulons préserver notre merveilleux pays. C’est de cela qu’il s’agit dans l’initiative», a-t-il lancé, complétant quelques arguments de campagne développés ces derniers jours.

La pression démographique menace à la fois les paysages et la capacité du pays à assurer son autosuffisance alimentaire, déjà limitée à environ 50 %, a poursuivi Marcel Dettling.

Tensions multiples

Il a également mis en garde contre une dépendance accrue aux importations, notamment en cas de crises internationales susceptibles de perturber l’approvisionnement. L'arrivée d'environ un million d'immigrés ces douze dernières années provoque des tensions de toutes parts, sur les infrastructures, le logement, les transports, les écoles et le système de santé, a estimé M. Dettling. Pour endiguer la hausse subséquente de la criminalité, il a plaidé pour un durcissement des politiques d’asile et d’expulsion.

Le président de l’UDC critique par ailleurs l’inaction des autorités fédérales dans la mise en oeuvre de précédentes décisions populaires sur l’immigration. Il estime que la situation actuelle reflète un manque de contrôle et appelle à fixer des limites plus strictes, tout en maintenant une immigration ciblée de travailleurs qualifiés.

«La population en Suisse croît 16 fois plus vite qu’en Allemagne, mais notre topographie est beaucoup plus restreinte. Un petit pays comme la Suisse ne peut pas supporter cela à long terme», a encore souligné le président du premier parti de Suisse.

L'inquiétude de Céline Amaudruz

Céline Amaudruz s'est inquiétée pour le logement: «Des milliers de Genevois déménagent et vivent en France voisine, car le marché est saturé et les loyers inabordables dans le canton de Genève. Ainsi, des milliers de Suisses deviennent des frontaliers dans leur propre pays. Et ça, ce n’est pas normal», a observé la conseillère nationale genevoise.

«Les loyers explosent parce que nous faisons entrer chaque année l’équivalent d’une ville entière dans notre pays. 80% de la croissance de la population en Suisse vient de l’immigration. 80%! Ce n’est pas un détail. C’est une transformation massive de la Suisse», a-t-elle ajouté dans son discours très combatif.

L’initiative soumise au vote demande que la population résidante permanente de la Suisse ne dépasse dix millions de personnes avant l’année 2050. A partir de 2050, le Conseil fédéral peut, par voie d’ordonnance, adapter chaque année cette valeur limite en fonction de l’accroissement naturel.

Les personnes admises à titre provisoire ne pourraient plus obtenir d'autorisation de séjour ou d'établissement, ni la nationalité suisse, ni aucun autre droit de rester. Si ces mesures ne sont pas suffisantes, Berne devrait résilier des traités internationaux, notamment l'accord sur la libre circulation des personnes avec l'UE.