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Monika Rühl et Rudi Bindella veulent ouvrir le débat sur le relèvement de l'âge de la retraite (montage d’illustration).
IMAGO / rédaction blue News
Après le rejet de l’initiative dite « des 10 millions », le débat sur l’immigration est loin d’être terminé. La directrice d’Economiesuisse, Monika Rühl, et le restaurateur Rudi Bindella remettent désormais sur la table une question politiquement sensible en Suisse: le relèvement de l’âge de la retraite.
Les électeurs suisses ont rejeté l’initiative de l’UDC visant à plafonner la population à 10 millions d’habitants. Mais le débat sur l’immigration et la pénurie de main-d’œuvre qualifiée est loin d’être clos. Le monde économique avance désormais des propositions qui, jusqu’ici, peinaient à trouver un écho politique: prolonger la durée de la vie active et faire travailler les salariés plus longtemps.
Pour Monika Rühl, une meilleure mobilisation du potentiel de main-d’œuvre indigène constitue un levier essentiel. Dans un entretien accordé à la NZZ, elle a plaidé pour l’ouverture d’un débat sur le relèvement de l’âge de la retraite. «Nous devons discuter d’un relèvement de l’âge de la retraite. Si nous travaillions plus longtemps, nous pourrions réduire la pression migratoire», a-t-elle déclaré.
Dans le même temps, la directrice d’Economiesuisse a reproché au Conseil fédéral d’avoir évacué cette question. «En Suisse, ce sujet demeure tabou», a déclaré Mme Rühl.
La directrice d’Economiesuisse fait valoir que plusieurs pays européens débattent depuis longtemps déjà d’un allongement de la vie active. Selon elle, les entreprises devraient également développer des modèles favorisant le maintien en emploi des salariés plus âgés. Les retraites anticipées, ajoute-t-elle, devraient elles aussi être réexaminées.
Le restaurateur Rudi Bindella tient un discours encore plus tranché. L’entrepreneur zurichois estime qu’un important potentiel demeure inexploité, notamment parmi les travailleurs âgés. «Si nous parvenions à mieux valoriser ce potentiel et à inciter ces personnes à rester actives sur le marché du travail, notre besoin de main-d’œuvre étrangère diminuerait sensiblement», a-t-il déclaré dans un entretien accordé à Tamedia. «Nous aurions alors beaucoup moins besoin de faire venir de la main-d’œuvre de l’étranger.»
Cet homme de 78 ans va encore plus loin. «Si nous relevions progressivement l’âge de la retraite à 70 ans, comme au Danemark, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée serait largement atténuée», a-t-il déclaré. Il reconnaît toutefois qu’une telle proposition aurait, en l’état, peu de chances de s’imposer sur le plan politique.
Rudi Bindella souligne toutefois que l’allongement de la vie active ne saurait s’envisager de manière uniforme selon les métiers. Les personnes exerçant des professions physiquement éprouvantes — dans le bâtiment ou en cuisine, par exemple — n’ont pas les mêmes conditions que les employés de bureau ou les travailleurs du secteur des services. Dans ces derniers domaines, estime-t-il, une carrière prolongée pourrait tout à fait être envisageable, y compris à temps partiel.
Lors de la journée de votation de la RTS dimanche, la proposition de Monika Rühl a provoqué un moment de tension avec le député socialiste vaudois Benoît Gaillard.
Tous deux opposés à l’initiative de l’UDC, Gaillard a d’emblée tenu à souligner ses désaccords: «Je ne suis pas d’accord avec tout ce que vient de dire Mme Rühl. Il peut arriver que l’on rejette un texte pour des raisons différentes».
Lorsque Monika Rühl évoque l’idée d’augmenter l’âge de la retraite afin de «valoriser le potentiel indigène», Benoît Gaillard fulmine, soulignant les difficultés rencontrées par les personnes de plus de 50 ans sur le marché du travail: «Mais vous ne les engagez pas! Quelle blague! Vous vous rendez compte de la déconnexion de ce que vous dites par rapport à la réalité du marché du travail?»
Aussi, alors que l’initiative de l’UDC a été nettement rejetée par les électeurs, le débat sur l’immigration et la pénurie de main-d’œuvre qualifiée est toutefois loin d’être clos.
Pour Monika Rühl et Rudi Bindella, le scrutin de dimanche envoie néanmoins un signal clair: si l’initiative a été rejetée, près de 45 % des votants ont soutenu une limitation de la croissance démographique. De leur point de vue, ce résultat impose de prendre au sérieux les préoccupations liées à l’immigration, au logement et aux infrastructures, alors qu’un nouveau débat - déjà tendu - s’ouvre sur les moyens de combler la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
Notice sur l’IA : cet article a été traduit de l’allemand à l’aide de l’intelligence artificielle, puis adapté par la rédaction romande.