L'incendie du club «Le Constellation» n'a pas seulement ébranlé les victimes et leurs proches, mais aussi les forces d'intervention. Le commandant des pompiers David Vocat parle pour la première fois ouvertement de la nuit d'enfer - et des doutes qui subsistent.
Crans-Montana : «Problèmes apparemment sur les sorties de secours»
Olivier Burnier, expert en protection incendie, donne son avis sur la tragédie qui a eu lieu au bar "Le Constellation": «Il y aurait eu des problèmes au niveau de la sécurité, qui ont amené à cette catastrophe».
02.01.2026
Pas le temps ? blue News résume pour toi
- Le commandant des pompiers David Vocat décrit l'intervention à Crans-Montana comme une situation extrême et traumatisante.
- Malgré le bon fonctionnement de la chaîne de sauvetage, de nombreux secouristes étaient complètement dépassés sur le plan émotionnel.
- Plusieurs pompiers volontaires ne veulent plus continuer après l'intervention.
Après l'incendie du club «Le Constellation» à Crans-Montana, le commandant des pompiers David Vocat s'est exprimé en détail sur l'intervention. Dans un entretien avec le journal Le Nouvelliste, il décrit le déroulement des événements du point de vue des pompiers.
L'alarme a été donnée à 1h35. Un incendie a été signalé dans le club, «accompagné de l'information d'une explosion». Cette information l'a incité à «demander immédiatement des hélicoptères supplémentaires». Parallèlement, il a organisé l'ordre de départ des pompiers.
Selon Vocat, 17 membres du Centre de Secours Incendie (CSI) étaient de service cette nuit-là. Au cours de l'intervention, d'autres pompiers volontaires ainsi que des forces d'intervention de Sion, Sierre et du Vallon les ont rejoints.
A l'arrivée des pompiers, plus aucune flamme n'était visible. Vocat explique cela par ce qu'il appelle un flashover. «C'est l'inflammation des gaz de fumée», explique-t-il. «Cela se produit très rapidement, très intensément - et puis ça s'arrête». Les blessures de nombreuses personnes concernées seraient dues à cet effet : «Les gens ont été brûlés par cet effet».
À ce moment-là, de nombreuses personnes auraient continué à se trouver dans ou autour du bâtiment. «C'était une scène de chaos complet», explique Vocat. «J'ai vu des gens brûlés, qui couraient dans tous les sens en criant qu'il fallait aider ici ou là».
«Personne n'était prêt pour une telle chose»
Il souligne que personne n'était préparé à un tel scénario. «Personne n'était prêt pour une telle chose», explique le commandant des pompiers. En revanche, on aurait pu réagir aux procédures qui ont suivi. «Ce qui était préparé, c'était la chaîne de sauvetage».
Un exercice antérieur s'est avéré décisif à cet égard. «Nous savions par où les ambulances devaient passer, où les hélicoptères pouvaient atterrir et comment organiser le point de rassemblement médical», explique Vocat.
Il souligne également la collaboration avec la police, les services de secours, les hôpitaux et les autorités politiques. «La grande famille des sauveteurs a fait un travail énorme», dit-il. Des civils auraient également apporté leur aide : «Les gens ont utilisé des meubles de terrasses pour mettre les blessés au chaud».
Plusieurs pompiers arrêtent - lui aussi ?
Après l'intervention, d'autres pompiers du Valais ainsi que des cantons de Neuchâtel, Genève et Vaud auraient offert leur soutien afin de continuer à assurer la sécurité dans la région.
L'intervention a toutefois aussi des conséquences pour les forces d'intervention elles-mêmes. «Tous ceux qui sont intervenus là-bas sont très affectés», déclare Vocat. Beaucoup d'entre eux sont engagés bénévolement. «Beaucoup pensent que nous sommes tous des professionnels. Ce n'est pas le cas. Les gens font ça pour aider les autres».
Plusieurs membres du CSI lui auraient fait savoir «qu'ils ne voulaient plus continuer». Lui-même se pose également des questions sur son avenir. «J'ai toujours dit que ce métier était ma passion», dit Vocat. «Mais je ne sais pas si je peux continuer».