Le Jura veut préserver ses villages

8.3.2019 - 11:50, ATS

David Eray, ministre de l'environnement, a présenté un projet pilote destiné à préserver l'identité des villages jurassiens (archives).
Source: KEYSTONE/CHRISTIAN MERZ

Le canton du Jura lance un projet pilote pour lutter contre le déclin des zones rurales. Mené dans la commune de Haute-Ajoie, ce programme prend la forme d'une démarche participative avec la population pour relancer la vie sociale et économique des villages.

Dans le canton du Jura, des villages connaissent depuis des années une évolution préoccupante: le nombre d'habitants recule ou stagne, des commerces et des services ferment, des restaurants disparaissent et le patrimoine immobilier est parfois peu entretenu ou désaffecté. A cela s'ajoute la fragilité des finances publiques.

«Il faut conserver l'identité de nos villages», a souligné vendredi le ministre de l'environnement David Eray en constatant que les politiques publiques ont tendance à concentrer leurs efforts dans les pôles de développement. «N'oublions pas nos campagnes», a-t-il déclaré en présentant le projet «Villages+».

Conduite par le Service du développement territorial, cette démarche sera réalisée en 2019 et 2020 dans la commune de Haute-Ajoie, dans le district de Porrentruy. Composée de cinq villages, cette commune fusionnée a perdu 22% de sa population depuis 2000. Le projet y sera mené en concertation avec les autorités communales.

Appel à la population

Le projet pilote prendra la forme d'une démarche participative avec la population locale. Son succès dépendra donc essentiellement de la mobilisation des habitants. La première phase consistera à établir un diagnostic des villages de Haute-Ajoie et à identifier des projets concrets et crédibles pour renforcer la vie sociale.

La seconde phase sera consacrée au développement de projets, la 3e consistant en leur réalisation. Le processus prévoit la constitution de commissions chargées de développer les projets qui auront été identifiés par la population et retenus par les autorités.

«En aucun cas le canton ne va dicter aux communes ce qu'il faut faire», a relevé le chef du Service du développement territorial Daniel Rieder. L'idée est bien de rassembler la population pour prendre connaissance de ses idées. «Nous ne voulons pas un projet académique mais du concret», a-t-il ajouté.

«Ce projet pilote n'est pas un remède miracle», a tempéré David Eray. Le Gouvernement relève que ce concept n'a ni l'ambition ni la prétention d'apporter une solution aux difficultés rencontrées par les villages. Il s'agit pour lui d'éprouver une méthode qui pourrait donner naissance à un guide à l'intention des communes.

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