Avant-projet de loi Le serpent de mer d'une législation sur les langues à Fribourg

ATS

2.1.2026 - 09:33

Depuis les années 1980, le canton de Fribourg a essayé à plusieurs reprises de se doter d’une législation sur les langues officielles. Tous les projets ont été abandonnés à différents stades. La tentative en cours cherche à concilier les positions.

L'hotel de ville, la cathedrale Saint-Nicolas, et la vielle ville de Fribourg sont photographies ce vendredi 11 avril 2025 a Fribourg. (KEYSTONE/Anthony Anex)
L'hotel de ville, la cathedrale Saint-Nicolas, et la vielle ville de Fribourg sont photographies ce vendredi 11 avril 2025 a Fribourg. (KEYSTONE/Anthony Anex)
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Keystone-SDA

Avec l'avant-projet de loi sur les langues officielles et la promotion du bilinguisme proposé aux acteurs de la vie politique et économique en juin, c’est «la première fois qu’un tel projet est mis en consultation publique», avait rappelé alors la Direction des institutions (DIAF) du conseiller d'Etat Didier Castella.

Le gouvernement est en effet convaincu que «la bonne entente entre les communautés constitutives du canton de Fribourg permet d’initier un débat serein et de renforcer encore la cohésion d’un canton dont les différences, langues et religions notamment, ont constitué une richesse commune bien plus qu’un facteur de division».

Langues traditionnelles

L'exécutif remarque aussi une évolution de la société qui place la question des langues sous un «jour nouveau». «La montée de l’anglais en Suisse et ailleurs incite les personnes qui parlent les langues traditionnelles de notre canton à s’unir pour défendre leurs places. L’adoption d’une langue universelle tend à tout uniformiser.»

«Tant pour la langue utilisée pour communiquer que pour la culture qui va avec», avait constaté le Conseil d'Etat dans le communiqué publié à l'occasion du lancement de la phase de consultation de l'avant-projet de loi. En défendant et en promouvant le bilinguisme, il entend ainsi «préserver le patrimoine culturel et historique».

«A rebours de la perception de la question des langues comme un champ de concurrence et d’hostilité», le Conseil d’Etat affirme vouloir défendre une «vision fraternelle qui repose sur le respect et la confiance mutuelle tout autant que sur l’affirmation claire des droits et obligations de chacune et chacun».

Le dernier mot reviendra au Grand Conseil ces prochains mois. Sachant que la question des langues demeure souvent un sujet «sensible».