Les extrémistes de droite suisses sont toujours plus actifs

Silvana Guanziroli

8.11.2019 - 14:56

La carte montre 39 incidents en lien avec l’extrême droite survenus au cours des trois dernières années.

Bluewin

Comme le relève le dernier rapport de situation du Service de renseignement de la Confédération, les incidents en lien avec l’extrême droite sont en augmentation. En 2018, ils ont même triplé. «Bluewin» montre les endroits où des actes de violences à caractère raciste se sont produits.

En regardant la carte, il ne peut être question de cas isolés. Chaque marqueur rouge représente un fait en lien avec l’extrême droite. La carte illustre la période allant de septembre 2016 à novembre 2018 et comptabilise 39 incidents au total. Chacun de ces événements a déjà pu être relayé dans les médias. Pour la première fois, une illustration montre la répartition des cas dans toute la Suisse.

Les cantons de Bâle-Ville, Soleure, Thurgovie, Lucerne, Vaud et Genève attirent particulièrement l’attention. Les marqueurs rouges y sont particulièrement nombreux. En outre, les dix cas suivants se distinguent par leur gravité:

Unterwasser, 15 octobre 2016

5000 néonazis se rassemblent pour un concert dans une salle de tennis. L’absence d’intervention de la police suscite l’émoi dans toute la Suisse.

5000 néonazis venus de toute l’Europe ont pu profiter de concerts sans encombre dans cette salle de tennis.
Keystone

Sion, 29 octobre 2016

Des inconnus placent une tête de cochon devant un centre d’hébergement pour requérants d’asile.

Wangen an der Aare, 22 janvier 2017

Six soldats posent devant une croix gammée tracée dans la neige en effectuant le salut hitlérien.

Reichenburg, 7 juillet 2017

Des inconnus attachent un drapeau à croix gammée à un pont autoroutier au-dessus de l’A3.

Altdorf, 6 août 2017

Des membres du PNOS recouvrent le monument à la mémoire de Guillaume Tell d’une burqa pour protester contre l’«islamisation de l’Europe».

Lausanne, 13 octobre 2017

Des vandales profanent des tombes dans un cimetière musulman et taguent des slogans antisémites par terre.

Locarno, 17 novembre 2017

Un membre de la Crew 38, une organisation de soutien aux Hammerskins, attaque un individu et le blesse à l’épaule. Le couteau est découvert plus tard dans une benne, avec une croix gammée gravée sur le manche.

Aadorf, 21 janvier 2018

Un char arborant la devise «Asylparadies CH» («La Suisse, paradis des requérants d’asile») participe au défilé du carnaval. Des mains noires font allusion aux réfugiés qui se noient en mer Méditerranée.

Lenzburg, 15 mars 2018

Un boucher accroche un panneau présentant deux personnes musulmanes et l’inscription «Nous devons rester dehors».

Genève, 6 octobre 2018

Des inconnus jettent une bouche d’égout contre la vitrine d’une librairie de gauche.

Des lois plus strictes contre l’extrémisme demandées

Les extrémistes de droite sont de plus en plus enclins à la violence en Suisse. C’est aussi ce que conclut le Service de renseignement de la Confédération (SRC) dans son dernier rapport de situation. Lors de sa présentation en mai, la Conseillère fédérale Viola Amherd a annoncé qu’elle examinerait des amendements législatifs. Et pour cause: le rapport indique que «les milieux d’extrême droite sont en mutation». D’après le rapport, plusieurs groupes disposent désormais de sites Internet accessibles au public et un groupe a ouvert un local associatif dans le canton de Vaud.

Devant les médias, Viola Amherd a jugé cette évolution extrêmement préoccupante, tout en se demandant si des instruments plus affûtés étaient nécessaires, également en raison du fait que la situation est pratiquement la même pour l’extrémisme de gauche, a-t-elle précisé. Plus précisément, Viola Amherd envisage de mettre sur écoute les extrémistes potentiellement violents. La Conseillère fédérale a annoncé la révision de la loi pour l’été 2020.

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