Les fêtes de fin d'année inquiètent les experts

fasc, ats

17.12.2020 - 14:19

Martin Ackermann, le chef de la task force scientifique Covid-19, et d'autres experts estiment qu'il faut poursuivre la stratégie actuelle jusqu'à la disponibilité d'un vaccin.
Martin Ackermann, a répété que le taux de reproduction de l'épidémie augmentait à nouveau.
KEYSTONE/ANTHONY ANEX

La situation épidémiologique reste tendue et pourrait basculer avec les fêtes de fin d'année, ont rappelé mercredi les experts de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). L'objectif de réduire nettement les infections au coronavirus n'a pas été atteint, ont-ils déploré.

La période des fêtes de fin d'année sera cruciale pour l'évolution de la 2e vague de coronavirus, ont indiqué mercredi des experts de l'OFSP au cours d'une conférence de presse. Une stabilisation du taux d'incidence à un niveau élevé est constatée dans toute la Suisse.

Ce constat national rend la coordination des mesures pertinente, selon Martin Ackermann, chef de la Task force scientifique de la Confédération. Alors que le Conseil fédéral a annoncé mardi soir d'éventuelles nouvelles mesures face au coronavirus, les réactions des cantons romands sont vives.

Martin Ackermann, a répété que le taux de reproduction de l'épidémie augmentait à nouveau. Et même si le taux est inférieur à un dans la région lémanique, il reste au-dessus de l'objectif de 0,78, qui permet une division par deux du nombre de cas.

L'expert a également mis en garde avant les fêtes de fin d'année. Une augmentation du nombre de contacts conduit à une hausse du taux de reproduction du virus. Voir 20% de personnes supplémentaires durant les fêtes ferait passer le taux de reproduction du virus de 1 à 1,2, a-t-il déclaré en guise d'exemple.

Risque de situation critique

M. Ackermann a détaillé les risques d'un plafonnement à haut niveau du nombre de cas. Cet automne, les infections n'ont pas augmenté plus rapidement en Suisse romande. Mais la hausse plus spectaculaire du nombre de cas dans cette partie du pays s'explique par le fait que les cantons romands affichaient déjà un nombre de cas plus élévés avant le début de la deuxième vague.

Le professeur de microbiologie de l'EPF de Zurich a également prévenu que même une hausse modérée du nombre de cas pourrait déboucher sur une croissance exponentielle. «Nous ne disposons d'aucun matelas de sécurité», a-t-il insisté. Un doublement des infections aurait pour effet une augmentation nette des décès.

Limiter les contacts au maximum

«Nous n'avons pas atteint l'objectif de réduire nettement les infections au coronavirus» a déploré quant à lui Patrick Mathys, responsable de la section Gestion de crise et collaboration internationale à l'OFSP.

Patrick Mathys a rappelé l'importance de limiter au maximum les contacts pour éviter des restrictions encore plus massives. Et de prévoir des rencontres dans un cercle plus étroit ou à l'extérieur. Il s'agit dès maintenant de prévoir comment on veut passer les fêtes.

La Suisse comptait mercredi 5086 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l'OFSP. 87 décès supplémentaires sont à déplorer et 190 malades ont été hospitalisé. Sur les deux dernières semaines, le pays compte ainsi 600,25 nouvelles infections pour 100'000 habitants. Une incidence élevée, qui met une forte pression sur le système de santé.

Les soins intensifs sont pleins aux trois quarts et la moitié des lits sont occupés par des patients atteints du Covid. Si le nombre de cas devait augmenter, la situation pourrait à nouveau devenir critique dans ce domaine.

Objectif: 75'000 vaccinations par jour

A propos des vaccins, M. Mathys a expliqué qu'actuellement, on part de l'idée que 10% de la population est immunisée après avoir été malade. Pour que le virus ne se propage plus, il faudrait avoir une immunité de 60% de la population, a-t-il ajouté, précisant toutefois qu'une personne qui a développé des anticorps n'est pas à l'abri d'une nouvelle infection.

L'objectif est de commencer la vaccination en janvier. «Avec 75'000 doses par jour, nous aimerions qu'une grande partie de la population soit vaccinée en six mois. Mais il y a pas mal d'obstacles encore à régler», a reconnu M. Mathys. L'armée s'attèle à la planification de la livraison des vaccins aux cantons.

Le fabricant de vaccins est responsable de son produit. Le contrat signé entre la Confédération et les firmes n'enlève rien aux règles de responsabilité habituelle, a ajouté Mike Schüpbach, juriste de l'OFSP.

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