14 juinPrendre soin des aînés jusque dans la Constitution: Neuchâtel votera
ATS
11.5.2026 - 09:42
La population neuchâteloise se prononcera le 14 juin sur l'introduction d'une disposition sur le droit des aînés dans la Constitution cantonale. La gauche y est favorable. La droite et le PVL sont plutôt contre. La campagne politique est pour l'heure timide, à part la mobilisation des représentants des seniors.
Si les citoyens disent oui le 14 juin, la Constitution cantonale neuchâteloise aura un nouvel article qui précisera que l'Etat et les communes veillent à favoriser la participation, l’autonomie, la qualité de vie et le respect de la personnalité des aînées et des aînés.
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11.05.2026, 09:42
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Si les citoyens disent oui le 14 juin, la Constitution cantonale neuchâteloise aura un nouvel article qui précisera que l'Etat et les communes veillent à favoriser la participation, l’autonomie, la qualité de vie et le respect de la personnalité des aînées et des aînés. Le projet avait été élaboré à l'initiative des groupes VertPOP et socialiste.
Le Grand Conseil neuchâtelois avait approuvé le décret en 2e lecture le 17 février par 58 oui, 38 non et 4 abstentions. L'ensemble du groupe UDC, des députés du groupe PLR-Le Centre, du PVL et trois socialistes s'y étaient opposés. Le Conseil d'Etat était aussi contre l'introduction de cet article constitutionnel.
A l'issue de son assemblée générale du 23 mars, le PLR, très partagé sur ce sujet, a décidé de s'y opposer à deux voix près. «L’approche universelle défendue repose sur l’idée que les droits fondamentaux existants s’appliquent déjà à toutes et tous, indépendamment de l’âge», a motivé le parti.
Lors de son assemblée générale du 6 mai, l'UDC a réitéré son opposition. «Cette modification constitutionnelle est avant tout symbolique et n’apporte aucune amélioration concrète aux conditions de vie des aînés», a indiqué le parti. Selon lui, le canton dispose déjà des bases légales nécessaires pour soutenir les aînés.
Combattre une mise à l'écart
Durant les débats au Grand Conseil, Sarah Blum (POP), rapporteuse de la commission, a déclaré qu'il «s'agit de relever un vide constitutionnel». Genève et Fribourg ont introduit des dispositions similaires, qui permettent d'orienter les politiques publiques et d'envoyer un message clair à la société.
«La portée d'un article constitutionnel n'est pas uniquement symbolique. Il vise à combattre la mise à l'écart des aînés», a expliqué Céline Dupraz (POP). Cette disposition va permettre «d'aller dans le bon sens pour réduire la fracture générationnelle», a ajouté Blaise Courvoisier (PLR).
Pour la députée Amina Chouiter Djeibaili (PS), cet article est un engagement durable, au-delà des clivages politiques, et «un rempart contre la discrimination liée à l'âge».
Segmentation de la société
Le Conseil d'Etat était opposé à l'introduction de cet article constitutionnel. «Bien que l'on comprenne les intentions derrière cette proposition et les besoins des personnes âgées, en lien avec le vieillissement de la population, on estime que la Constitution n'est pas le bon lieu», a expliqué Crystel Graf, présidente du Conseil d'Etat, devant le Grand Conseil.
Le gouvernement s'interroge sur le périmètre que regroupe le terme «aînés» qui est peu précis. «Cela va rendre difficile l'interprétation», a ajouté Crystel Graf.
Le vert'libéral Mauro Moruzzi était aussi opposé à cet article qui pourrait engendrer une campagne politique où les générations s'opposent les unes aux autres. Selon lui, on a besoin au contraire d'envoyer un message aux jeunes pour leur dire que l'on aura besoin d'eux.
Le nouvel article constitutionnel est soutenu par le comité pour une Constitution respectueuse des aînés, composé de la Fédération neuchâteloise des retraités, de l'AVIVO, d'Unia et Etre grands-parents aujourd'hui. Ce dernier va tenir une conférence de presse le 19 mai.