EducationLes Romands à la traine sur la formation du secondaire II
ATS
23.3.2026 - 13:31
Les cantons romands sont à la traine sur la formation du secondaire II. Ils n'atteignent pas l'objectif qui prévoit que 95% des jeunes de 25 ans disposent d'un diplôme de secondaire II, montre un rapport. L'apprentissage, encore trop boudé en Suisse romande, joue un rôle primordial.
Christophe Darbellay (g) et Guy Parmelin (c) ont insisté sur l'importance de l'apprentissage pour atteindre l'objectif fixé.
sda
Keystone-SDA
23.03.2026, 13:31
ATS
L'implantation de l'apprentissage selon les régions explique la disparité entre Suisse romande et alémanique, montre le rapport 2026 sur l'éducation publié lundi.
«Il existe un lien direct entre la formation professionnelle et l'objectif de 95%», a déclaré le président de la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) Christophe Darbellay devant la presse.
Le conseiller d'Etat valaisan le constate dans son propre canton bilingue: «A Monthey (VS) par exemple, ce taux est de 82% alors qu'à Viège (VS), où l'apprentissage est fortement implanté, le taux est de 98%», a-t-il expliqué.
Différence culturelle
Le taux de certifications dans les cantons romands oscille entre 85 et 92%. Le Valais est celui qui s'en sort le mieux et Genève le moins bien. Les cantons alémaniques se situent eux entre 92 et 96%. Sur le plan national, ce taux a légèrement baissé. Il est passé de 91,5% à 90,1% entre 2016 et 2022.
Gouvernement et cantons constatent une différence culturelle face à l'apprentissage. «Il y a encore beaucoup de travail pour faire comprendre aux parents que parfois la voie de la formation professionnelle est la plus prometteuse», a déclaré le ministre de la formation Guy Parmelin.
S'ajoute à cette perception de l'apprentissage un système de formation différent en Suisse romande. M. Darbellay a donné en exemple les formations transitoires. «Cette pratique, très romande mais heureusement en baisse, ne donne pas plus de chances d'obtenir un diplôme du secondaire II et coûte très cher aux cantons», a-t-il déclaré.
Décrochage élevé
L'enjeu est aussi de sensibiliser les enseignants et de rendre l'apprentissage attractif également pour les entreprises. Nombre d'entre elles se plaignent actuellement de la densité du travail requis pour former les jeunes suite aux réformes des dernières années.
Le Conseil fédéral et la CDIP entendent inverser la tendance aussi en harmonisant les plans d'étude en Suisse. Ils comptent également renforcer l'accès aux hautes écoles et universités. Le rapport montre un taux élevé de décrochage dans les hautes écoles universitaires (15%).
Questionné sur la qualité de l'enseignement dans les gymnases, Christophe Darbellay a déclaré que le gymnase ne préparait jamais assez pour l'université, admettant que du travail était encore nécessaire. Le Valaisan en est convaincu: les compétences fondamentales sont primordiales pour garantir le succès de la formation dans le futur.
La publication du rapport intervient un an après la publication d'une étude qui montrait un niveau de français insuffisant chez les élèves romands. Des mesures ont été prises depuis. Mais il est trop tôt pour évaluer leurs effets, a précisé M. Darbellay lundi.