Démographie Les Suisses font moins d’enfants et en désirent moins

ATS

10.11.2025 - 09:14

En 2024, le nombre moyen d'enfants par femme en Suisse était de 1,29. Il s'agit du niveau le plus bas depuis le début des relevés, indique lundi l'Office fédéral de la statistique (OFS). Le désir d'enfants est aussi en baisse.

Au cours des dernières années, ce sont les naissances de troisième enfant qui ont le plus diminué (image d'illustration).
Au cours des dernières années, ce sont les naissances de troisième enfant qui ont le plus diminué (image d'illustration).
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Keystone-SDA

La part des 20-29 ans qui ne veulent pas d'enfants est passée de 6% en 2013 à 17% en 2023. Chez les 30-39 ans, ce taux est passé de 9% à 16%. L'OFS relève toutefois dans son communiqué que le désir d'avoir deux enfants reste le plus répandu.

La part des 20-29 ans qui ne veulent pas d'enfants est passée de 6% en 2013 à 17% en 2023. Chez les 30-39 ans, ce taux est passé de 9% à 16%. L'OFS relève toutefois dans son communiqué que le désir d'avoir deux enfants reste le plus répandu (53%).

Ce souhait ne diffère guère en fonction du sexe, du niveau de formation ou du lieu d'habitation. Seules les personnes sans partenaire sont plus nombreuses à ne pas vouloir d'enfants (23%) que celles qui vivent en couple (12%).

Réfléchir à avoir un enfant suscite des espoirs mais aussi des craintes, notamment en matière de perspectives professionnelles. Si, au cours des dernières années, ces dernières sont restées constantes, la joie de vivre et la satisfaction dans la vie attendues par l'arrivée d'un enfant se sont détériorées.

En 2023, 41% des 20-39 ans estimaient qu'un enfant ou un enfant de plus impacterait positivement leur joie de vivre tandis que 21% craignaient un impact négatif. La moitié s'attendait à des conséquences négatives pour leurs perspectives professionnelles, un taux qui atteint même 62% chez les femmes.

De nombreux facteurs influencent la décision d'avoir un enfant, principalement la qualité de la relation avec le partenaire (63%), la situation financière (62%) et les conditions de travail (56%). Toutefois, le partage des tâches domestiques et la répartition de la garde entre les parents ont considérablement gagné en importance au cours des dernières années, relève l'OFS.

Taux le plus élevé à Uri

En 2024, 78'256 naissances vivantes ont été enregistrées en Suisse, soit 2,2% de moins qu'en 2023. Au total, depuis 2019, le nombre de naissance a baissé de 9,2%. Une telle chute n'avait plus été observée depuis la fin des années 70, souligne l'OFS. Ce sont les naissances de troisième enfant qui ont le plus baissé (-13,6%). Les premières et deuxièmes naissances ont reculé respectivement de 8,5% et 9%.

En 2024, c'est le canton de Bâle-Ville qui enregistrait le taux de fécondité le plus bas avec 1,09 enfant par femme. Il était suivi par le Tessin (1,16) et Genève et les Grisons (1,22). A l'autre bout du spectre l'on retrouve Uri avec 1,58 enfant par femme, suivi par Appenzell Rhodes-Extérieures (1,49) et Schwyz (1,4).

Au niveau romand, la palme de la fécondité revient au canton de Fribourg (1,38), suivi par le Jura (1,34) et Berne (1,27). Les cantons de Vaud, Neuchâtel et du Valais affichent pour leur part un taux de 1,26 enfant par femme.

Naissances plus tardives

Les Suissesses ont des enfants toujours plus tard. Au cours des dix dernières années, la fécondité des femmes de 35 à 39 ans a été supérieure à celle des femmes de 25 à 29 ans. En 2024, l'âge moyen des mères à la première naissance était de 31,3 ans.

La hausse de l'âge à la naissance peut conduire à de potentielles difficultés pour concevoir un enfant. Pour l'OFS, le rôle des raisons biologiques dans la baisse de la fécondité observée depuis 2021 reste un facteur à examiner de manière approfondie.

Un signal d'alarme

L'Union syndicale suisse (USS) voit elle dans le recul du taux de natalité un signal d'alarme pour la société. La raison principale de cette baisse est la difficulté de concilier travail et famille, ajoute-t-elle. Des conditions de travail précaires, le manque de places de garde et une répartition inégale du travail non rémunéré entre femmes et hommes constituent des facteurs déterminants.