Bravade face au Vatican Les traditionnalistes d’Écône persistent dans leur volonté d’ordonner des évêques

ATS

19.2.2026 - 17:36

La communauté catholique traditionaliste d'Ecône a annoncé jeudi qu'elle persiste dans sa volonté d'ordonner ses propres évêques l'été prochain. Au risque d'être considérée comme schismatique.

Fondée en 1970 à Ecône et actuellement basée à Menzingen (ZG), la FSSPX est attachée à la messe tridentine, rite marginal célébré en latin par un prêtre tournant le dos aux fidèles (archives).
Fondée en 1970 à Ecône et actuellement basée à Menzingen (ZG), la FSSPX est attachée à la messe tridentine, rite marginal célébré en latin par un prêtre tournant le dos aux fidèles (archives).
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La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), fondée par l'évêque français Marcel Lefebvre, avait mis le feu aux poudres le 2 février en annonçant son intention de procéder à de nouvelles ordinations d'évêques le 1er juillet.

Sommé de renoncer à ce projet porteur de «graves conséquences», le supérieur de la communauté, Davide Pagliarani, a envoyé mercredi au Vatican une réponse en forme de non-recevoir.

«Le besoin des sacres est un besoin concret à court terme pour la survie de la Tradition», affirme-t-il dans un courrier au cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du dicastère (ministère) de la Doctrine de la foi, qui a reçu les responsables de la Fraternité le 12 février.

Le cardinal avait alors souligné qu'une ordination sans l'aval du Saint-Siège «impliquerait une rupture décisive de la communauté ecclésiale (schisme)» et empêcherait toute poursuite du dialogue.

«Je ne puis accepter» ce cadre de reprise du dialogue «ni, d'ailleurs, le report de la date du 1er juillet», affirme Davide Pagliarani dans son courrier.

Selon lui, il ne peut en effet y avoir «d'accord sur le plan doctrinal, en particulier concernant les orientations fondamentales prises depuis le Concile Vatican II» (1962-65) qui a fait entrer l'Eglise dans la modernité et dont le mouvement traditionaliste rejette en bloc l'héritage.

Rejet de la modernité

Fondée en 1970 à Ecône et actuellement basée à Menzingen (ZG), la FSSPX est attachée à la messe tridentine, rite marginal célébré en latin par un prêtre tournant le dos aux fidèles. Elle a rapidement pris ses distances avec le Saint-Siège, refusant de «suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante» née selon elle du concile Vatican II. Elle revendique 720 prêtres.

Après avoir perdu en 1975 sa reconnaissance canonique par l'Eglise catholique, elle avait ordonné illicitement quatre évêques en 1988, entraînant une excommunication immédiate. Celle-ci avait été annulée en 2009 par le pape Benoît XVI et son successeur François avait rétabli à partir de 2015 la validité des confessions et des mariages célébrés par des prêtres de la Fraternité.