«Ni une honte, ni un tabou»Mathias Reynard a eu besoin d'une aide psychologique
ATS
5.2.2026 - 11:16
Le président du gouvernement valaisan Mathias Reynard a bénéficié d'un soutien psychologique après le dramatique incendie de Crans-Montana (VS). Sans cela, il aurait été difficile de poursuivre son mandat, a-t-il expliqué à Blick.ch.
Mathias Reynard, State Councillor and president of the Council of State of the Canton of Valais holds a press statement after the official commemorative ceremony and the national day of mourning following the deadly fire at the "Le Constellation" bar in Crans-Montana at the Martigny Expo (CERM) Exhibition and Convention Centre, in Martigny, Switzerland, Friday, January 9, 2026. 40 people mostly teenagers lost their lives and 116 were severely injured in the fire at the bar "Le Constellation" on New Year's celebration in the Swiss Alps resort of Crans-Montana. (KEYSTONE/Michael Buholzer)
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Keystone-SDA
05.02.2026, 11:16
05.02.2026, 11:53
ATS
Le soutien psychologique n'est ni une honte, ni un tabou, a déclaré le socialiste dans une interview publiée jeudi par le portail d'informations. Il est normal de demander de l'aide dans une telle situation. «Pour moi, c'était une nécessité. On doit pouvoir prendre un minimum soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres.»
Dans la nuit de la Saint-Sylvestre, M. Reynard a très vite été informé qu'un drame était en cours. «On n’a pas tout de suite mesuré son ampleur, évidemment. C’est au fur et à mesure que les équipes sont arrivées sur place et ont découvert la situation qu’on a compris à quel point c’était grave.»
Mathias Reynard a par ailleurs souligné que les familles des victimes ont toujours été et restent la priorité du Conseil d'Etat. C'est pour cette raison que la cérémonie commémorative du 9 janvier a été organisée en conséquence. «Nous voulions une cérémonie qui laisse place au recueillement, à la poésie et à la solidarité. On pensait que c’était ce qui ferait le plus de bien aux personnes concernées, mais aussi à toute la communauté, qui a vécu une sorte de traumatisme collectif.», a-t-il relevé.
L'attention s'est portée sur les familles, les amis, les camarades de classe, les soignants et les secouristes. Les officiels et représentants politiques se trouvaient sur les côtés. C'était le souhait de Mathias Reynard. Le président français Emmanuel Macron et son homologue italien Sergio Mattarella n'ont pas prononcé de discours.
«Changer ce qui doit l'être»
Le président du gouvernement a à nouveau demandé une enquête approfondie sur la tragédie. Sans répondre aux critiques formulées à l'encontre des autorités judiciaires, en évoquant «la séparation des pouvoirs, très forte dans notre pays», Mathias Reynard a insisté sur la nécessité d'établir toutes les responsabilités, y compris celles des institutions publiques et des autorités politiques.
L'enquête devra «tirer toutes les conclusions pour changer ce qui doit l'être. En Suisse, on doit pouvoir sortir et s'amuser sans se mettre en danger.» Ce qui s'est passé est insupportable. Tous les responsables doivent désormais prendre les mesures qui s'imposent, a-t-il ajouté. «Ce drame nous rappelle aussi que les lois ne sont pas là pour embêter les gens».
Projet de mémorial
Le président du gouvernement a par ailleurs salué le travail réalisé par les pompiers, les équipes de secours, les policiers, la protection civile ou encore les psychologues d'urgence. «Le bilan humain aurait pu être encore bien plus lourd si la chaîne de secours, les hôpitaux, la solidarité intercantonale et internationale n’avaient pas marché comme ça.»
Le Valais n'oubliera jamais le drame de Crans-Montana et ne va pas tourner la page. «J’ai demandé à mes équipes de commencer à travailler sur une forme de mémorial, qui devrait avoir sa place à Crans-Montana. Les familles doivent être impliquées dans ce projet.» Mathias Reynard a aussi évoqué la création d'une fondation en soutien aux victimes et à leurs proches.