Omicron arrive, mais «le variant Delta occupe toujours la scène»

bu, ats

29.11.2021 - 16:00

«Un nouvel acteur est entré sur la scène de la pandémie, qui pourrait modifier considérablement la suite des événements», déclare lundi Patrick Mathys, chef de la section gestion de crise et coopération internationale de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). «Mais en même temps, le rideau n'est certainement pas encore tombé sur le variant Delta».

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29.11.2021 - 16:00

Patrick Mathys, Leiter Sektion Krisenbewaeltigung und internationale Zusammenarbeit, Bundesamt für Gesundheit BAG, aeussert sich an einem Point de Presse zur Covid 19 Situation, am Dienstag, 12. Oktober 2021, in Bern. (KEYSTONE/Peter Schneider)
Selon Patrick Mathys, les places de soins intensifs sont actuellement occupées à environ 77% en Suisse. (archives)
KEYSTONE

L'expert de l'OFSP donne un aperçu de la situation actuelle de la pandémie en Suisse. «L'incidence à 14 jours est passée à 989 cas pour 100'000 habitants. Environ 60 personnes se retrouvent chaque jour à l'hôpital à cause du Covid», explique Patrick Mathys lundi devant la presse à Berne.

Selon lui, les places de soins intensifs sont actuellement occupées à environ 77% en Suisse. Au total, 219 patients malades du Covid se trouvent dans les unités de soins intensifs. Cela signifie qu'un quart des places sont occupées par des personnes infectées par le Covid.

Concernant le variant Omicron, il n'est actuellement guère possible de faire des déclarations fiables, car les données disponibles sont très minces, ajoute Patrick Mathys. «Omicron se caractérise toutefois déjà par un nombre inhabituellement élevé de mutations. Cela laisse supposer qu'Omicron est facilement transmissible».

«On ne sait toutefois pas si la transmissibilité est plus élevée que pour le variant Delta et dans quelle mesure la vaccination protège d'une infection par Omicron. En effet, les personnes vaccinées pourraient également être touchées par une infection», poursuit Patrick Mathys.

«Il y a un risque que le variant Omicron puisse mieux contourner notre système immunitaire que les autres variants.» Les experts s'attendent à disposer de plus de données sur ce nouveau venu dans les deux à trois semaines à venir.

Ce variant assombrit encore plus les perspectives pour la suite. «La situation est déjà critique, mais Omicron pourrait encore l'aggraver. Nous sommes à nouveau à un point de la pandémie qui pourrait être décisif pour la suite des événements», conclut le spécialiste.

Craintes sur le cumul Delta/Omicron

La directrice de l'OFSP Anne Lévy, quant à elle, craint la circulation du nouveau variant préoccupant du coronavirus Omicron, couplée à celle du variant Delta. On ne sait pas encore les effets de la vaccination contre Omicron mais elle est efficace contre Delta, y compris la piqûre de rappel.

«Il est central que les personnes encore non vaccinées aillent le faire et que les personnes vaccinées depuis plus de six mois se fassent injecter le rappel», insiste Mme Lévy. Et de rappeler que depuis lundi, le booster est possible pour toutes les personnes de plus de 16 ans dans tous les cantons.



L'OFSP a actualisé la liste des pays en provenance desquels il faut se mettre en quarantaine: 19 y figurent actuellement, notamment l'Afrique du Sud, l'Egypte, Hong Kong et Israël. «Des pays d'Europe et l'Australie sont aussi concernés par le variant Omicron», note encore Anne Lévy.

Les voyageurs, y compris ceux vaccinés et guéris, provenant de ces pays doivent présenter un test PCR négatif avant d'entrer en Suisse et se mettre en quarantaine. «Les enfants à partir de six ans doivent aussi se faire tester», insiste-t-elle. Et d'appeler à la responsabilité individuelle car ces personnes ne seront pas contactées par les cantons.

Concernant le premier cas supposé du variant Omicron en Suisse, on devrait savoir mardi si le cas est avéré, précise Mme Lévy. «Les données sont encore trop incertaines concernant ce variant, notamment concernant sa contagiosité et sa résistance face aux vaccins».

bu, ats