Parcours du combattant pour un vaccin, 4ème dose «inutile»?

dv, ats

9.1.2022 - 08:50

Le coronavirus domine une nouvelle fois la presse dominicale. Il est notamment question des difficultés à se faire vacciner dans un autre canton ou d'une potentielle réduction ou suppression de la quarantaine. Voici les principales informations, non confirmées à Keystone-ATS:

Une vue sur les quatre exemplaires des journaux du dimanche, avec la Sonntags Zeitung, le Sonntags Blick, Le Matin Dimanche et la NZZ am Sonntag, a l'occasion de la revue de presse le dimanche 17 novembre 2019 a Lausanne. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)
Une vue sur les quatre exemplaires des journaux du dimanche, avec la Sonntags Zeitung, le Sonntags Blick, Le Matin Dimanche et la NZZ am Sonntag. (image d'illustration)
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9.1.2022 - 08:50

Officiellement, il est possible de se faire vacciner contre le Covid-19 dans un autre canton, mais en pratique c'est beaucoup plus compliqué, rapporte Le Matin Dimanche.

Interrogé par le journal, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) confirme que chacun est libre de se faire vacciner où il le souhaite, tout en précisant qu'il appartient aux cantons de réglementer l'accès à la vaccination et qu'il se peut que certains la réservent à leurs seuls résidents. C'est notamment le cas du Jura qui donne la priorité à ses concitoyens pour le rappel. Il précise offrir des possibilités aux non-résidents si des plages sont disponibles.

Le journaliste du Matin Dimanche a toutefois essuyé un refus. Dans le canton de Neuchâtel, les non-résidents peuvent prendre rendez-vous mais pas par le biais du site dédié. Ils doivent le faire via le secrétariat de vaccination, «une solution qui demande beaucoup de patience», selon le journal.

Dans le canton de Vaud, la vaccination n'est ouverte qu'aux résidents ainsi qu'aux trois catégories suivantes: les frontaliers qui travaillent dans le canton et sont assurés LAMal ainsi que les résidents de la Broye fribourgeoise et ceux du Chablais valaisan, mais uniquement dans les hôpitaux intercantonaux de ces deux régions. À l'inverse, les cantons du Valais, de Fribourg, de Genève et de Berne accueillent tous les assurés LAMal de Suisse.

4ème dose: pas de «dopage» inutile

Alors qu'Israël a commencé à administrer une quatrième dose de vaccin, des experts suisses interrogés par Le Matin Dimanche estiment que, si une 4e dose devait être administrée en Suisse, cela ne se ferait pas avant le second semestre 2022. «Des études sont nécessaires pour mieux connaître l'effet de la troisième dose», relève Alessandro Diana, expert chez Infovac. Et d'ajouter que pour l'instant, «rien n'indique qu'une quatrième injection du même produit serait réellement utile».

Les producteurs de vaccins ont annoncé travailler sur un vaccin reformulé pour lutter contre Omicron et qui devrait être disponible dans les prochains mois. Les experts jugent plus judicieux d'attendre ces versions revisitées avant de discuter de la quatrième dose. «Le but n'est pas de doper nos anticorps contre un virus qui n'existe plus», indique Giuseppe Pantaleo, directeur du Service d'immunologie et allergie du CHUV.

Certains centres de test pas très sérieux

De nombreux fournisseurs privés de tests antigéniques rapides et de tests PCR ont enfreint les directives des autorités sanitaires cantonales. Les cantons ont fermé les centres de tests concernés, rapporte la SonntagsZeitung. C'est le canton d'Argovie qui a pris les mesures les plus sévères contre ces centres de tests peu sérieux. Il a déjà retiré douze autorisations d'exploitation à différents prestataires qui effectuaient des tests en dehors des pharmacies, des cabinets médicaux et des hôpitaux.

Des fermetures ont également eu lieu dans les cantons de Schwytz, Zurich, Lucerne, Saint-Gall, Thurgovie, Schaffhouse et dans les Grisons. Les conditions étaient parfois déplorables. À Bâle, un centre de tests se trouvait dans un magasin qui vendait des chaussures et des clés.

La réduction de la quarantaine en question

De plus en plus de voix s'élèvent en Suisse pour demander une réduction de la quarantaine, voire sa suppression après un contact avec une personne infectée. Etant donné que de plus en plus de personnes sont en quarantaine en raison de l'augmentation rapide du nombre de cas, la ministre de la santé zurichoise Natalie Rickli demande dans la NZZ de réduire la quarantaine de dix à cinq jours.



Le président des médecins cantonaux Kurt Hauri se montre ouvert à une telle proposition, citant des indications selon lesquelles les personnes infectées par Omicron sont infectieuses moins longtemps. Une source a indiqué au journal que les discussions au sein du Conseil fédéral allaient dans le même sens. Dans la SonntagsZeitung, l'épidémiologiste Marcel Salathé indique qu'il pourrait imaginer une suppression de l'obligation de quarantaine dans certaines conditions.

Il propose que toute personne ayant eu un contact avec une personne infectée reçoive dix tests rapides. La personne devrait ensuite se tester quotidiennement. Tant que le test est négatif, la personne concernée peut reprendre son travail en adoptant un comportement prudent. Il existe certes un risque résiduel mais, compte tenu des importantes absences entraînées par cette vague épidémique, il est tolérable, estime le scientifique.

Cas de rigueur: des conditions plus strictes

En décembre, le Conseil fédéral a décidé de prolonger son aide pour les cas de rigueur en 2022 et a chargé le Département fédéral des finances d'élaborer une ordonnance en ce sens. Selon une ébauche du document que s'est procurée le SonntagsBlick, les conditions seraient durcies. L'objectif est que les entreprises s'adaptent par leurs propres moyens aux développements de la pandémie de Covid-19, peut-on lire dans les explications du projet.

Une entreprise devra à l'avenir prouver aux autorités cantonales qu'elle n'est pas en mesure d'assurer la poursuite de son activité suite aux mesures prises pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, précise l'ordonnance. La perception d'une indemnité de chômage partiel ou d'une indemnité pour perte de gain est considérée comme une preuve. Le Conseil fédéral doit se prononcer sur le sujet en février.

Une étude rassurante sur les téléphones portables

Les téléphones portables n'augmentent pas le risque de tumeur cérébrale chez les enfants et les adolescents, selon une étude relayée par la SonntagsZeitung. Elle a été réalisée auprès de patients de 14 pays. Ces résultats réjouissent même l'organisation «Médecins pour la protection de l'environnement», plutôt critique vis-à-vis de la téléphonie mobile. Selon l'expert Martin Röösli, les résultats sont étayés par les données des registres du cancer des différents pays.

Malgré la forte augmentation de l'utilisation des téléphones portables, la fréquence des tumeurs cérébrales est restée constante. Ces nouveaux résultats pourraient inciter l'Organisation mondiale de la santé à réviser son évaluation des champs électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes.

La Suisse championne de la détention préventive

En Suisse, les criminels sont plus souvent placés en détention provisoire que dans d'autres pays. La Commission nationale de prévention de la torture critique la dureté de la détention provisoire dans le pays. Le Centre suisse de compétence pour l'exécution des peines a établi une comparaison avec l'étranger pour le «SonntagsBlick». Il en ressort que la détention préventive est plus souvent ordonnée en Suisse que dans les pays voisins comme l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie.

En Suisse, la probabilité qu'un délinquant se suicide en détention préventive est plus de deux fois plus élevée que dans le cadre de l'exécution normale de la peine. Six suicides sur dix en détention ont lieu en détention préventive.

Plus facile de changer de sexe

Depuis le 1er janvier, les personnes transgenres et intersexes peuvent changer sans complications bureaucratiques et rapidement l'indication de leur sexe et de leur prénom. Il n'y a plus d'examens médicaux ni d'autres conditions préalables, une simple déclaration à l'état civil suffit. Selon des recherches de la NZZ am Sonntag, cette nouvelle possibilité a déjà été bien utilisée.

Des dizaines de personnes ont demandé à changer de sexe. Il y a eu 20 demandes à Zurich, 8 à Bâle, 14 à Genève, 4 à Lucerne, 5 à Winterthour et 23 dans le canton de Berne. La majorité des demandes concernaient des personnes de moins de 30 ans. Une personne de moins de 16 ans s'est présentée accompagnée de ses parents.

Petites affaires financières de grands patrons

L'ancien patron des banques Raiffeisen, Pierin Vincenz, a effectué des transactions boursières à grande échelle via un compte au Liechtenstein. Rien que l'année dernière, le volume des transactions s'est élevé à 95 millions de francs, rapporte la SonntagsZeitung. M. Vincenz aurait eu des comptes auprès de 17 banques au total. Douze d'entre elles n'appartenaient pas au réseau Raiffeisen. Certains comptes n'avaient pas beaucoup d'argent, d'autres des millions.

Le plus frappant est un compte auprès de la banque LGT à Vaduz par lequel ont transité des salaires cachés, de l'argent pour des liaisons amoureuses contrariées mais surtout des transactions boursières. Selon le SonntagsBlick, le partenaire d'affaires de M. Vincenz, Beat Stocker, n'était pas un employé fixe mais a été engagé sur mandat comme PDG de la société de cartes de crédit Aduno, une manière de faire plus qu'inhabituelle.

Les deux hommes sont jugés à partir du 25 janvier. Le ministère public zurichois leur reproche d'avoir pris des participations privées dans plusieurs jeunes pousses et d'avoir profité de leurs rôles de chefs au sein de la Raiffeisen et d'Aduno pour travailler à la reprise de ces start-up en faisant passer des millions dans leurs poches.

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