La Suisse et les Etats-Unis n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la déclaration d'intention négociée en matière de politique douanière. Pour Donald Trump, le déficit commercial est au premier plan, écrit la présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter sur X.
«J’ai eu aujourd’hui un entretien avec le président Trump avant l’expiration du délai pour les droits de douane. Le déficit commercial reste au centre de ses préoccupations. Cet entretien n’a pas permis de trouver un accord sur la déclaration d’intention négociée entre la Suisse et les Etats-Unis», écrit jeudi soir Mme Keller-Sutter sur la messagerie X.
On ignore donc toujours quels droits de douane s'appliquent à la Suisse, a déclaré un porte-parole du Département des finances en soirée à Keystone-ATS. Cette question a été laissée ouverte côté américain, a-t-il ajouté.
Début avril, l'administration du président américain Donald Trump avait fixé la barre à 31% pour les produits helvétiques, et Berne avait immédiatement choisi la voie de la négociation.
Fin avril, la présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter et Guy Parmelin avaient rencontré à Washington le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent et le représentant au Commerce Jamieson Greer pour amorcer des discussions.
Ils s'étaient de nouveau revus en mai lors des pourparlers entre la Chine et les États-Unis à Genève. Le gouvernement a depuis préparé le terrain pour faciliter un accord en signant le 4 juillet une déclaration d'intention commune mais qui «nécessite l'approbation des deux parties», a rappelé le ministère des Finances. «C'est dans les mains des Etats-Unis», a déclaré mardi Mme Keller-Sutter dans un entretien avec la RTS.
18,6% des exportations suisses
Début avril, le professeur Hans Gersbach, chef adjoint du centre de Centre de recherches conjoncturelles de l'École polytechnique fédérale de Zurich, avait réalisé une première évaluation de l'impact des droits de douane sur le produit intérieur brut (PIB). Il avait alors estimé que des droits de douane de 31% pourraient coûter au moins 0,2% de croissance à la Suisse.
Mais depuis de nombreux droits de douane ont changé, a-t-il indiqué à l'AFP, «la question ouverte étant de savoir comment la pharmacie sera traitée». La pharmacie est le premier secteur d'exportation de la Suisse, les décisions de la Maison Blanche concernant ce secteur étant donc «très importantes» pour évaluer l'impact économique pour le pays alpin.
Les Etats-Unis sont un partenaire-clé pour la Suisse. En 2024, ils représentaient 18,6% des exportations de marchandises de la Suisse, selon les relevés des douanes. La Suisse y exporte surtout des médicaments, mais aussi des montres, des machines, des capsules de café, du fromage et du chocolat.