Vaud veut réformer ses urgences préhospitalières

sj, ats

30.4.2021 - 12:21

Le canton de Vaud veut réformer l'organisation des urgences préhospitalières. Le gouvernement a mis vendredi en consultation un projet de nouvelle prise en charge des situations médico-sociales urgentes en amont de l'hôpital. Priorité au rééquilibrage entre villes et campagnes ainsi qu'à la rapidité, avec notamment des ambulanciers de proximité.

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30.4.2021 - 12:21

La réforme vaudoise des urgences préhospitalières veut notamment garantir l'égalité de traitement entre les ambulances publiques et privées (archives).
ATS

Élément central du système de santé vaudois, le dispositif préhospitalier actuel a été réformé pour la dernière fois il y a 20 ans, écrit le Conseil d'Etat dans un communiqué. Il s'agit donc de l'adapter à la croissance démographique, à la hausse de la demande en interventions (+3% par an), à l'évolution des technologies et des compétences professionnelles des intervenants.

«Il est essentiel de proposer à la population vaudoise un dispositif d'urgences préhospitalières moderne et efficace, tout en régulant le système qui aujourd'hui porte atteinte à des services publics d'ambulances. Cette réforme est attendue par le terrain. Elle sera gage de soins de qualité et de proximité», affirme la conseillère d'Etat en charge de la santé, Rebecca Ruiz.

Egalité entre ambulances publiques et privées

La réforme proposée vise à rééquilibrer l'organisation de toutes les ambulances engagées pour les urgences préhospitalières, notamment entre les zones fortement peuplées et les plus périphériques, de manière à assurer une réponse rapide à toute la population, selon le canton.

Elle permet aussi de clarifier les rôles et les responsabilités de chaque acteur. Les interventions urgentes et les transferts d'urgences absolues seront réservés aux ambulances du Dispositif cantonal d'urgences préhospitalières (DisCUP). Cette évolution répond à une forte demande des services d'ambulances publics et subventionnés ainsi que des communes concernées. Elle garantit l'égalité de traitement entre les ambulances publiques et privées.

Les services d'ambulances à but commercial (privés) conserveront la possibilité d'intégrer le dispositif cantonal aux mêmes conditions que les ambulances subventionnées. Ils pourront librement effectuer les missions non urgentes et les transferts, explique le canton.

Intervention en amont de l'ambulance

La rapidité d'intervention est l'autre critère-clé en matière d'urgence. Le Département de la santé et de l'action sociale (DSAS) propose de poursuivre les essais-pilotes d'intervenants rapides ("Rapid Responders") pour agir en amont de l'ambulance dans certains endroits et/ou à certains moments, et de généraliser le concept cas échéant.

Déjà introduit en 2019 sur la Riviera et en 2020 sur le Balcon du Jura, l'intervenant rapide est un ambulancier diplômé, disposant d'une grande expérience professionnelle. Grâce à sa proximité géographique, il peut s'occuper rapidement d'un patient, de façon autonome, et le stabiliser avant l'arrivée de l'ambulance.

Si cette réforme peut se faire en grande partie dans le cadre légal actuel, certaines mesures nécessiteront en revanche une modification de la Loi sur la santé publique (LSP). D'où l'autorisation du Conseil d'Etat donnée au DSAS à mettre en consultation ce projet jusqu'au 4 juin.

sj, ats