Revue de presse Droits de douane : le Conseil fédéral aurait fait plus de concessions qu’annoncé

ATS

16.11.2025 - 07:54

Les exigences cachées de Washington pour aboutir à un accord sur les droits de douane, mais aussi les contributions des conseillers fédéraux à leur parti et les menaces contre le directeur des CFF font les titres de la presse dominicale. Voici les principales informations, non confirmées à Keystone-ATS:

La Suisse devra notamment adopter les normes de sécurité américaines pour les voitures, ce qui, selon la SonntagsZeitung, rend le marché helvétique accessible au Cybertruck de Tesla (archives).
La Suisse devra notamment adopter les normes de sécurité américaines pour les voitures, ce qui, selon la SonntagsZeitung, rend le marché helvétique accessible au Cybertruck de Tesla (archives).
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Keystone-SDA

SONNTAGSZEITUNG/NZZ AM SONNTAG: Les États-Unis ont imposé à la Suisse des exigences bien plus importantes que celles communiquées jusqu'à présent dans le cadre de l'accord réduisant les droits de douane américains de 39% à 15%, affirment la SonntagsZeitung et la NZZ am Sonntag. La Suisse doit notamment adopter les normes de sécurité américaines pour les voitures, ce qui, selon la SonntagsZeitung, rend le marché helvétique accessible au Cybertruck de Tesla. Elle ne peut en outre pas prélever de taxes numériques sur les services fournis par des groupes américains comme Google, Meta ou Amazon, ce qui fait pourtant l'objet de discussions au Parlement fédéral.

Selon la NZZ am Sonntag, les deux pays doivent également combattre les distorsions commerciales causées par les subventions ou les entreprises publiques. La Suisse doit par ailleurs accorder un meilleur accès à son marché aux prestataires de services américains et faciliter le trafic transfrontalier de données. De plus, la coopération en matière de sécurité économique, de sanctions, de contrôles des exportations et d'examens des investissements doit être renforcée.

NZZ AM SONNTAG: Le Conseil fédéral prévoit d'acheter du matériel militaire américain supplémentaire dans le cadre de l'accord sur les droits de douane américains. «Nous devons de toute façon dépenser beaucoup d'argent pour l'achat d'armes», déclare un haut fonctionnaire dans le journal. Selon des sources bien informées, l'option d'acquérir des systèmes de missiles sol-air à moyenne portée Patriot ou des missiles guidés supplémentaires serait privilégiée. «L'achat de systèmes Patriot supplémentaires serait une excellente idée», déclare dans la NZZ le conseiller aux Etats Josef Dittli (PLR/UR), soulignant que la défense aérienne suisse ne protège actuellement qu'une fraction du territoire.

SONNTAGSBLICK/SONNTAGSZEITUNG: Le président de l'Union suisse des paysans, Markus Ritter, réclame dans le SonntagsBlick des mesures d'accompagnement pour l'agriculture suisse après l'accord douanier conclu avec les États-Unis, qui va ouvrir le marché helvétique à des contingents de produits agricoles américains. Les agriculteurs suisses ont besoin d'instruments supplémentaires, comme des aides structurelles et à l'investissement, ajoute M. Ritter, qui se félicite du maintien de l'interdiction d'importer du poulet chloré. Mais dans la SonntagsZeitung, le ministre suisse de l'économie Guy Parmelin dit être ouvert à une discussion sur l'importation de tels poulets. Il s'agit d'un petit contingent, plus précisément de 1500 tonnes de viande de poulet, ajoute-t-il. «Nous aboutirons peut-être à une solution similaire à celle adoptée pour la viande bovine traitée aux hormones, qui doit être étiquetée».

LE MATIN DIMANCHE: Les conseillers fédéraux socialistes sont ceux qui reversent le plus d'argent à leur parti, révèle Le Matin Dimanche. En 2024, Elisabeth Baume-Schneider a versé 39'000 francs au parti socialiste et Beat Jans 38'650 francs. Au PLR, les contributions de Karin Keller-Sutter et d'Ignazio Cassis se sont montées à 15'000 francs par an et par personne, alors qu'elles étaient de 10'000 francs à l'UDC pour Guy Parmelin et Albert Rösti. Du côté du Centre, le parti a décidé d'augmenter sa contribution pour les conseillers fédéraux. Alors que Viola Amherd payait 12'0000 francs, son successeur, Martin Pfister, devra en débourser 20'000.

SONNTAGSBLICK: Le directeur des Chemins de fer fédéraux (CFF), Vincent Ducrot, a reçu des menaces de mort après avoir attribué au groupe allemand Siemens une commande d'au moins 116 nouvelles rames à deux étages pour 2,1 milliards de francs, au détriment du constructeur ferroviaire suisse Stadler, révèle le SonntagsBlick. Des personnes l'ont accusé, sous couvert de l'anonymat, de trahison, ce qui a nécessité une protection rapprochée du Fribourgeois pendant plusieurs jours. Les CFF indiquent dans le journal prendre ces réactions au sérieux, mais ne veulent pas s'exprimer davantage. L'Office fédéral de la police (fedpol) dit pour sa part adapter les mesures de protection en fonction de la situation, mais ne commente pas l'affaire. Stadler Rail, écarté au profit de son concurrent allemand, disait envisager, il y a une semaine, de faire recours contre la décision des CFF.

LE MATIN DIMANCHE: Les dettes auprès des assureurs maladie ne cessent d'augmenter en Suisse à cause des primes impayées, avertit Le Matin Dimanche, citant les chiffres de Dettes Conseils Suisse pour 2024. Les dettes auprès des caisses maladie représentent 15% des dettes totales, un nombre similaire à celui de l'année précédente, mais qui a presque doublé par rapport à 2015. Seuls les impôts pèsent plus lourd, avec une part des dettes auprès services de contributions atteignant 27% du total des dettes. «L'une des particularités des dettes vis-à-vis des caisses maladie, c'est qu'elles ne sont pas négociables», indique dans le journal Kevin Vesin, assistant social au Centre social protestant Vaud.

SONNTAGSBLICK: Le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) prolonge jusqu'à la fin de l'année l'examen des données mobiles des demandeurs d'asile, écrit le SonntagsBlick. Le SEM dit vouloir collecter davantage de données avant de décider de la marche à suivre. Le projet-pilote, initialement prévu pour une durée de trois mois, n'a jusqu'à présent fourni que peu d'informations, car les obstacles juridiques à l'examen des téléphones portables sont importants et la proportionnalité doit être prise en compte, ajoute le SEM.

SONNTAGSZEITUNG/SONNTAGSBLICK: La proportion de cadres dirigeants étrangers atteint un niveau record en Suisse, remarquent la SonntagsZeitung et le SonntagsBlick, en se référant à un rapport du recruteur Guido Schilling. Seuls 51% des membres de la direction des 100 plus grandes entreprises sont suisses. Dans les grands groupes commerciaux cotés au SMI de la bourse suisse, la proportion de Suisses n'est même que de 27%. «La demande en cadres suisses dépasse largement l'offre», déclare le chasseur de têtes Bjørn Johansson. Il explique cette situation par le fait que les entreprises suisses sont disproportionnées par rapport à la taille relativement modeste de la population et qu'il n'y a donc pas assez de candidats suisses.